La lettre à Lulu
Lulu 82-83 - décembre 2013

La vérité si logement. L'appart' d'ombre du patron du département


Le Département ne s'occupe pas que des miséreux au RSA. Il bichonne aussi son directeur général des services, logé à l'oeil dans un bel appartement acheté rien que pour lui... Un squatteur de luxe, et légal, en plus. Mais il n'a pas invité les contribuables à sa crémaillère. Mesquin, cet Éric Ardouin.


Éric Ardouin est un homme d’absolu. Directeur général des services, c’est le patron de 4500 agents. En juillet 2013, le conseil général a décidé de lui acheter un logement de fonction pour « nécessité absolue de service ». Le 5 septembre, la commission permanente a voté l’achat d’un appartement de 125 m2, deux garages, une cave en sous-sol, pour une bagatelle de 565 000 euros, frais d’agence et de notaire inclus. Rien que le bien immobilier est à 510 000 euros, un peu au-dessus des cotes et prix maximum donnés par les observatoires de l’immobilier dans ce secteur huppé. C’est un immeuble chic et récent, entre le Lieu unique et le palais des Congrès, à un kilomètre et demi du bureau, mais à 80 bornes de La Baule, si une absolue nécessité l’obligeait à tester les thalassos du département. Détail : le Département loge son premier fonctionnaire, mais sans lui demander un quelconque loyer, même à tarif préférentiel.

Zéro loyer

La vérité si logement. L'appart' d'ombre du patron du département
À part les concierges et les gardes-barrières, corporations protégées par des conventions internationales de sauvegarde des espèces en danger, on peut s’interroger sur une absolue nécessité de service et une gratuité de loyer, pour un big boss qui, question ressources, n’est pas à la rue. On se demande pourquoi Monsieur ne peut plus se payer son doux nid, mais bon, sur le papier, c’est légal. Et pour le loyer, c’est gratuit. Comparé avec des surfaces équivalentes dans le quartier, on peut estimer l’avantage de ce loyer gratuit à plus de 1 300 euros par mois.

Eric Ardouin est l’auteur de l’ouvrage indispensable Le management public des territoires. Décider, agir, évaluer aux éditions de l’Aube. Interrogé par Lulu, il a préféré décider de faire son snob. Pas question de se faire évaluer. Motus et messagerie cousue. Il ne dira pas plus son niveau de ressources ni pourquoi il a tant besoin de ce logement d’un seul coup. Manquant de réponse, on trouve sur le net une de ses déclarations ronflantes, comme : « Une organisation est un ensemble de flux : il s’agit d’interactions entre des jeux d’acteurs où chacun négocie ses intérêts propres avec ceux du collectif », dit ce grand défenseur d’une « véritable ingénierie de la gouvernance » des collectivités. Ses intérêts propres, sa femme de ménage s’en occupera.

Un DGS en quête d’absolu

Eric Ardouin est en poste depuis avril 2011 et n’avait jamais manifesté sa nécessité servicielle absolutiste. Dans les couloirs chafouins du département (où personne n’a pensé à installer un lit de camp pour le patron des services), il se susurre malignement que l’absolue nécessité de service a en fait à voir avec l’évolution de la structure familiale du susdit, en voie d’explosion pour cause de divorce, mais c’est pas joli-joli de rumeuriser. Questionné et relancé par Lulu pour savoir si cet achat relevait de la bonne gestion des deniers publics, le Département a opposé un silence absolu et répétitif. Devant tant d’absolu, il ne reste qu’à demander l’absolution.

Reix publica
Avec cet achat, le Département participe à la relance du marché de l’immobilier. Mais que devient la maison achetée par la même institution départementale pour le prédécesseur Patrick Reix* en poste de 2004 à 2011 ? La maison serait, selon le président Grosvallet, louée quelques semaines par-ci par-là à des stagiaires, et dépanne des cadres en installation... Si la chambre régionale des compte tombe dessus, l’explication sera simple : nouveau directeur général, nouvel achat. Un toit c’est un droit, tous les squatteurs vous le diront.

* Ancien inspecteur du Trésor, aujourd’hui nommé DGS dans le département du Nord. À Nantes le 1er juillet 2011 il intervient lors du colloque sur « L’évaluation des politiques publiques devant les défis d’une société en tension ».

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