La lettre à Lulu
Lulu 67 - décembre 2009

Laisse béton. Pitié pour l'empiéteur


Le mari de la conseillère municipale UMP bataille contre la justice des mètres carrés.


Laisse béton. Pitié pour l'empiéteur
Son faux garage à étage qui mord les murs de ses voisins ou les ratiboise est salement attaquée à sa gauche par les archives départementales qui se sont fait grignoter des mètres carrés, à droite par une brave dame à qui on a percé le mur sans lui demander son avis*. En juillet dernier, le constructeur rentre-dedans, Franck Van Goethem, est assigné par le Département. Qui exige la démolition de sa verrue en béton au 4 bis rue Bouillé. Deux experts agréés devant les tribunaux ont établi qu'il a rogné « six mètres carrés minimum » au terrain des Archives après avoir détruit un mur mitoyen, parlant même de « tromperie, tricherie aggravée », soulignant que « les injonctions de la commune pour arrêter le chantier sont restées lettre morte ». Van Goethem est coincé entre l'ire de ses voisins, la justice, les experts et le service de l'urbanisme. Il se dit pourtant victime d'une machination, politique qui plus est : conseillère municipale dans l'opposition de droite, sa femme est associée à la procédure. L'élue du peuple et sa moitié montent sur leurs ergots contre les ergoteurs.

Mollo sur le démoli
Pour le Département, Van Goethem était de mauvaise foi. Un comble. On ne va pas mêler la foi à ça. En juillet 2007, Van Goethem a pourtant piteusement écrit au Département qu'il s'excusait « si une erreur était finalement constatée» et sollicitait « une solution amiable (avec dédommagement si nécessaire) afin d'éviter une démolition».

De l'autre côté de son garage litigieux, l'avocat de la voisine s'est fait balader par la justice qu'il avait pourtant saisie en référé en juillet 2008, demandant la démolition du garage trafiqué. L'urgence de cette procédure est tombée sur une lenteur inacoutumée, la décision est finalement tombée le 23 juillet 2009, un an plus tard. Étonnant, ce jugement de référé escargot reconnaît que « la construction n'est pas pour partie conforme aux prescriptions du permis de construire», ce qui doit suffire à le faire foutre par terre sans autre forme de procès. Mais non. Règle violée, mais pas de sanction. Malgré l'ancrage patent des planchers dans le pignon de la voisine, le jugement n'exige ni la démolition ni la remise en état.

Cet été, fort de cette bonne nouvelle pour son petit chantier, Van Goethem a repris les travaux, posant les fenêtres pour éviter que son beau local soit battu par les vents. Pas question de s'avouer battu.

Frank Lloyd Wrong

* « Gagne terrain à coup de parpaings », Lulu n° 63, décembre 2008.

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