La lettre à Lulu
Lulu 47 décembre 2004

Le comble du remblai. La Baule rempile sous les toits



Le comble du remblai. La Baule rempile sous les toits
Le maire de La Baule est rien qu'un critiqueur. Yves Métaireau prétend que certains immeubles construits en front de mer sous l'ère Guichard sont mochedingues. Il envisage de faire coiffer leurs terrasses de faux toits, histoire de "gommer l'aspect grands carrés faisant masse"* et de "valoriser ces immeubles en terme architectural". Le maire de La Baule fait déjà miroiter la fière allure qu'auraient ces immeubles rechapeautés en bord de plage. Ce baratin patrimonial de pseudo embellissement urbain n'a qu'une logique, ancrée dans l'histoire des trente glorieuses bétonnantes : cadeau aux promoteurs! Ces braves bétonneurs croyaient l'espace du front de mer saturé. Voilà que le bourgmestre leur ouvre des perspectives inespérées de vente de nouveaux mètres carrés, avec vue imprenable sur la baie : "Les surfaces gagnées sous les combles pourraient permettre de réaliser studio

ou petit appartement", que les "promoteurs intéressés pourraient aménager histoire de financer l'opération". Simple détail, il faut réviser le plan d'urbanisme. Mais qu'est-ce qu'on ferait pas pour faire sourire un promoteur. Si face à la mer, les travaux sont bienvenus, en arrière du remblai, toute extension de villa est fermement refusée par la Ville. La petite pâtisserie architecturale n'a pas d'avenir. Seul le mille-feuilles de béton a droit de cité. Toute la crème revenant aux vendeurs de béton.

* Presse-Océan, le 3 décembre 2004.

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