La lettre à Lulu
Lulu 96 - avril 2017

Le coup du lopin

Antitax texan


À quoi sert le désert si c’est pas pour réduire ses impôts ?


Des patrons nantais ont ébréché la tirelire de leur société pour acheter un terrain de 6,8 hectares dans le désert du Chihuahua au Texas, à Antelope Hill Road, à trois heures de route d’El Paso et quelques miles poussiéreux de la frontière mexicaine. Un confetti désertique, mais pour quoi faire ? C’est un labo in situ d’art contemporain,  terrain de jeu pour les apprentis artistes de Nantes, Houston et Genève. Un coin où James Dean a tourné son dernier film, et où, paraît-il les extraterrestres se manifestent sous forme de petites lumières entre les yuccas, les « Marfa lights » ? Cela n’a pas fichu les chocottes à un artiste minimaliste, Donald Judd, qui s’y est implanté dès les années 1970, rachetant une ancienne base militaire, trois ranchs et une maison en ville pour présenter ses œuvres et celle d’autres artistes. 

Début 2016, huit patrons nantais ont donc craqué 117 000 dollars pour un bout de désert qui sert de terrain de résidence et d’expérimentation à des étudiants des beaux-arts.

Ce qui est présenté comme générosité, sous-entendu désintéressée, est en fait passé, comme l’Arbre aux hérons, par un fonds de dotation. Un système vanté pour sa souplesse, plus facile à créer qu’une fondation. La louable œuvre de bienfaisance garde un fond de charité bien ordonnée, commençant par la défiscalisation de soi-même*. Parmi ces amateurs du donnant-donnant et du dégrèvement d’impôts, les promoteurs immobiliers Jean-Marie Nex, patron du Hangar à bananes, Christophe Desfossés, directeur associé chez Bati Nantes, l’installateur de déco de pharmacie Patrice Coupechoux**, l’architecte Anthony Rio, mais aussi un patron de resto, un agent immobilier, une galeriste, un opticien. Pour draguer des patrons yankees, un certain Ayrault Jean-Marc, ministre des affaires z’étranges et des déserts, a présenté l’affaire à New-York en septembre dernier.

Le Texas, c’est d’un snob. Pourquoi courir à 8 500 km, alors que Saint-Mars-du-Désert est là, disponible à toute résidence minimaliste, à vol d’oiseau à juste dix bornes de l’école des beaux-arts.

* Sur son site, l’école des Mines de Nantes vante son fonds de dotation, et parle cash : « Les clés du mécénat : devenir mécène et défiscaliser. »
** « Massacre à la choucrouteuse »,  Lulu n°68, avril 2010. 

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