La lettre à Lulu
Lulu 109-110

Le palmarès à péage du spin doctor

Terroir caisse


La Loire-Inférieure rurale ne marche pas dans la combine.


Focalisé sur la lanterne rouge, la commune de Lusanger, au titre des « pires communes du département » (Presse-O, 08/03), l'article reprend un énième palmarès des villes où il fait bon vivre, urbano centré, pondu par l'association Villes et villages de France et basé sur 182 critères dont l'article ne dit rien. Piqués au vif, une bonne dizaine de maires de ces patelins ruraux, entre Ancenis et Châteaubriant, dénoncent cette pseudo asso, pur bizness monté par un ancien communiquant de Sarko, Thierry Saussez*, qui facture aux communes le droit de mettre en avant ce label : 498 € TTC par an pour une mégalopole de moins de 500 habitants, 3 840 € pour une bourgade de plus de 50 000 habitants. Prestations complémentaires tarifées : réunions, conférences, promo média et rézosocios « pour valoriser les communes labellisées ».  Si 34 841 sont hitparadisées en France métropolitaine, le label n'est bankable qu'aux mieux placées.

Les 182 critères dit « objectifs » sont mystérieusement pondérés à partir d’un sondage Opinionway à l'échantillon si représentatif qu'il ne comprend que 24 % d’habitants des communes rurales. Les urbains imposant leur vision du bon vivre. Ces critères intègrent la distance des stations balnéaires, le taux de diplômés, la présence d'une maternité, de facs,  cinémas, tennis, centres équestres, piscines, qui font plonger forcément les villages. Ces éléments de jugement collent aux classes moyennes regardant la campagne comme un pays de ploucs, juste bon pour les randos et les champignons. Peut-être un peu mieux considérée depuis qu'une saloperie de virus a montré la grande ville vulnérable, promiscuite et propageante. Une sauce à revoir pour Saussez, qui vient de se rétamer aux municipales au Lavandou (Var). Le stratège n'est arrivé que 3e, moins de voix que la liste écolo, moitié moins que le maire sortant LR. Pas demain la veille que, élu, il puisse acheter un label à son « asso », en économie circulaire.
Jacques Ségréguéla
* En Françafrique, il a été « conseiller » sorcier blanc  de chefs d’États parmi les plus démocrates : Sassou Nguesso (Congo), Eyadema (Togo), Konan Bédié (Côte d'Ivoire).

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