La lettre à Lulu
n°27 - mar

Le travail c’est la santé



Imaginez que vous soyez tenus de payer l’entretien de votre lieu de travail pour avoir le droit d’y travailler. Inimaginable ? C’est pourtant ce qui se pratique en prison. Un détenu qui a la chance de pouvoir travailler -c’est-à-dire fixer des collerettes sur des bouteilles de vin pour Carrefour, plier des emballages d’échantillons pour Dior ou ensacher des prises électriques pour Legrand- va toucher en moyenne de 300 à 400 francs par mois, sur lesquels l’administration va prélever une taxe dite «de bleu de chauffe», 30% qui servent à l’habillage et à payer l’entretien et l’électricité de l’atelier. Les concessionnaires qui distribuent selon leur bon vouloir le travail en prison ne connaissent pas la crise. Ils bénéficient d’un personnel généralement très pauvre, rarement diplômé et souvent étranger. Sans congés maladie ni droit de grève. Corvéable à merci. Le tiers-monde à domicile, en somme.

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