La lettre à Lulu
Lulu 67 - décembre 2009

Les blousés du clou


Chez ma tante s'est mué en Oncle Picsou. Bagouses, or, argent, platine sous-estimés au crédit municpal, et les pauvres bougres volés.


Le clou, alias « Chez ma tante » la joue radin. La chambre régionale des comptes vient d'épingler le crédit municipal dont «les objets étaient généralement sous-estimés, pratique déjà dénoncée par le rapport public de la Cour (des comptes, instance nationale) pour 1998, qui prive le crédit municipal de Nantes de recettes et qui contrevient à la vocation sociale de l’établissement. Il en résulte d’importants bonis dont les déposants ne sont pas informés. Le Crédit municipal s’est engagé à réformer sa pratique». Ce boni devrait normalement revenir aux boucleurs de fins de mois fauchés qui ont mis leur petit trésor au clou. Mais comme ils ne savent pas quand leurs biens seront vendus aux enchères, ils ne se manifestent pas. Depuis sept ans, 334 259 euros n'ont pas été restitués. Du pur bonus, volé aux pauvres, en somme. Monopole municipal depuis le XVIIIe, institution créée à Nantes en décembre 1813, le clou, établissement de crédit à vocation sociale, leur octroie pourtant des prêts sur gages.

Rendez l'pognon

La règle : un prêt de douze mois (la fameuse formule « un an et un jour »). Mais à Nantes, « les prêts consentis par le CMN peuvent atteindre 36 mois sans réévaluation, ce qui n’est pas conforme à la réglementation et induit d’importants bonis en cas de vente. » En gros, celui qu'a déposé la bague à mémé ou la pendule de grand-papa se fait blouser d'un bénef qui lui est dû : « Le produit des ventes excède en général les sommes prêtées. »

En 2006, « des bijoux en or et perles estimés 40 euros ont donné lieu à un prêt 30 euros et ont été vendus 190 euros quatre mois après l’estimation du CMN ». Au comptoir, on offre automatiquement 50 euros pour les pièces de 20 F or alors que le cours officiel (mars 2008) est de 118 euros. Pareil pour les pièces de 50 pesos or, changées pour 300 euros malgré le cours réel à 740. « Le système mis en place au crédit municipal de Nantes, avec une quasi automaticité des normes d'évaluation, tire l'ensemble des prêts consentis vers le bas, au détriment du caractère social de l’organisme », dit la chambre des comptes publics.

Voilà le crédit municipal plus qu'épinglé. Le clou est bien enfoncé.

Donald Rirififiéloulou

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