La lettre à Lulu
Lulu 104

Les forces de l'ordonnance

Serment d'hippoquoi


La fac de médecine malade de la transparence..


Se méfier des labos pharmaceutiques, tenir le marketing des firmes à distance de l’enseignement... C’est pas gagné. En 2017, l’association Formindep, qui milite pour « une formation et une information médicales indépendantes de tout autre intérêt que celui de la santé des personnes », fait un premier examen de la résistance des facs aux conflits d’intérêts et à l’entrisme des labos industriels. Toutes sont rétamées. Comme 27 autres facs, Nantes chope un zéro pointé, n’ayant prévu aucune mesure pour se prémunir contre les conflits d’intérêts avec l’industrie du médicament.

Pour 2018, c’est un peu mieux*. Un petit peu. Mais seules les facs de Lyon-Est et Toulouse-Rangueil ont décidé de ne pas recevoir un sou de l’industrie pharmaceutique, pas même la taxe d’apprentissage. Nantes n’obtient qu’un score de 10 sur 36 points évalués. Nettement au-dessous de la moyenne. La charte éthique y a été adoptée**, mais pas par les nouveaux enseignants. Adoptée, oui, mais respectée, ça, on ne sait pas. Une commission de déontologie existerait bien, mais sans rapport public annuel. Des cours sur les conflits d’intérêts et l’intégrité scientifique, y en a pas. Les instances dirigeantes, les profs ne déclarent pas publiquement leurs liens d’intérêt. La transparence des financements : zéro.

Selon le Syndicat des jeunes médecins généralistes, les interventions des labos dans les facs « seraient exceptionnelles mais très courantes sur les lieux de stages ». D’autant que les principaux concernés peinent à « dénoncer des pratiques acceptées, voire désirées, et même parfois imposées par l’autorité qui va ou non valider le stage... » De l’ordre des choses à l’ordonnance, il n’y a qu’un patient.

* http://facs2018.formindep.fr/
** charte de 14 pages adoptée par la conférence nationale des doyens des facs de médecine et d’odontologie.

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