La lettre à Lulu
N°98-99 - décembre 2017

Marcheurs en débandade organisée

Chaos debout


La Loiratlantique en marche tourne à la pétaudière


Résumé des épisodes précédents : un homme écrit un livre intitulé Révolution. Personne ne le croit. Il crée une start-up autour de sa candidature à l'Élysée. Tout le monde le suit. Il emporte le gros lot, se prend aussitôt pour Jupiter. La start-up crée un réseau de démarcheurs en province. En Loire-Inférieure, quelques transfuges de la droite et du PS s’y collent, et surtout des gugusses qui sentent le vent. Les pedigrees ne sont pas vraiment épluchés. Très vite, le nouveau mouvement fait dans le chassé-croisé des investitures désinvesties et des débarquements intempestifs des pestiférés préférés la veille. Le 25  juillet, c’est officiel, la Commission nationale d'investiture retient Bernard Morilleau, maire de Sainte-Pazanne, pour mener la liste des sénatoriales. Le 2  septembre, c’est fini. Éjecté du casting par un coup de fil. Mais tout ça pour rien, les macronistes faisant chou blanc à 100 %, sans le moindre élu au Sénat dans le 44. Carton plein aux législatives, panier percé au sénatoriales. Pour Nanard Morilleau, en tous cas, c’est du rebelote : deux fois qu’il bouffe son chapeau. En Marche l’avait déjà squeezé au printemps dernier. Parrain de Macron pour ses signatures, il espérait un retour et s'était déclaré bien à l’avance candidat à l'investiture pour les législatives. Rien du tout, bonhomme. À la mi-mai, la commission investitureuse nationale lui a préféré Yannick Haury, le maire de Saint-Brévin, d’abord UDI, rallié LREM de la 25e heure et loin de faire l’unanimité chez les militants du coin. Voilà Haury député, mais bon, pas fastoche de tirer les macrons du feu.

C’est pas fini. Valérie Oppelt de Kerever élue députée aussi, il fallait un autre référent départemental. La convention LREM désigne Stéphane Gachet. Décrété « pionnier du mouvement » avec son an d’ancienneté, il est donc choisi début juillet pour la remplacer, et débarqué fissa début septembre. Isabelle Manzoni, une douanière en dispo, est nommée pour trois ans après consultation de la cinquantaine de comités locaux de LREM en Loire-Inférieure. Elle ne dure pas longtemps, virée un mois après. La remplaçante de la remplaçante, Valérie Sauviat-Duvert, ex-agente immobilière, incarnerait « la fin du système Oppelt qui a essayé de phagocyter En Marche dans le département », selon un militant anonyme qui n’a pas l’air d’avoir voulu marcher dans la combine (Presse-O, 10/11). En octobre, le pizzaiolo à casquette Morgan Simon, promu attaché parlementaire de Valérie Oppelt, dégage sans demander sa veste, visé par une plainte pour agression sexuelle envers une autre attachée parlementaire d’un autre député LREM de Vendée. Chassé-croisé, on vous dit. Mais on ne sait pas si la chasse l’emportera sur la croisade.
Manon Emmacruel

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