La lettre à Lulu
Lulu 60 - juin 2008

Marqué à la culotte

Le comité olympique sa crise


Y'a pas que le Tibet dans la vie. Y'a aussi des méchants qui prennent le nom qui y'a pas le droit pour faire de la musique avec. Le comité olympique veille au grain.


Marqué à la culotte
Le comité olympique ne rigole pas avec ses valeurs. Les vraies : le bizness, le profit et sans
partage s'il vous plait. Il vient de faire plier un entrepreneur de spectacle nanto-parisien, Olympic Tour. Devant les menaces des avocats olympiques, la SARL fondée en 1997 a préféré s'appeler Auguri
productions. Impérial, olympien mais magnanime dans la fermeté, le comité olympique français a laissé quelques mois pour écouler les stocks de disques sous le label qu'on peut plus dire le nom.

Le tourneur de Dominique A, Yann Tiersen, Philippe Katerine et consorts a préféré ne pas affronter en justice les émules de Coubertin. Il a changé de nom sans tapage pour se rebaptiser Auguri. Interrogé par Lulu, le gérant ne veut faire aucun commentaire.

«On a fait respecter la propriété des marques, déposées dans les années 90 à l'institut
national de la propriété industrielle,
commente Jean-Paul Clémençon, directeur de cabinet du président du Comité national olympique et sportif français, le CNOSF. Dans les plupart des cas, on explique, les gens comprennent très vite, et on trouve un accord de gré à gré. Dans ce cas précis, on ne leur a pas pris de sous. Ce n'est pas de la morale, c'est une affaire de droit. Les règles ont été transgressées. Pour ceux qui se montrent têtus, c'est du pénal». Tout ce qui est identifié olympique, noms et symboles, tombe sous la vigilance de ces détectives de la marque.

Sur Internet, le portail d'hôtellerie chinoise Sinohotel propose de l'«Olympic Tour» à tour de bras. Google dénombre quelque 36.200 références pour le nom composé. à Saint-Nazaire, le bar L'Olympic, qui porte ce nom depuis plus de vingt ans, n'a jamais été inquiété. A Nantes, la salle L'Olympic échappe
aux foudres des juristes du CNOSF: «On n'a jamais été poursuivis, dit son directeur, Eric Boistard. Le cinéma porte ce nom depuis 1927. C'est gravé sur la façade. Pour notre festival Scopitone, on a découvert que la marque était déposée et on paie une redevance tous les ans. C'est moins cher qu'une procédure d'avocat». D'autant que la technique, c'est de laisser venir, et une fois que le nom est bien installé, de sortir les menaces pour récolter le maximum. Un genre de racket légal. Si ça se trouve, «racket légal», c'est déjà protégé…
Ricou Bertin

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