La lettre à Lulu
Lulu 70 - novembre 2010

Merci bas coût. Low cost toujours, tu m'intéresses


Le projet de nouvel aéroport compte beaucoup sur les compagnies low cost qui représentent dejà la moitié du trafic actuel. Des sociétés pas très recommandables, condamnées, mises à l’index, rappelées à l’ordre.
Aucune importance pour les élus socialistes qui votent pour, plein gaz. Mais si jamais un jour ce low cost dépassait les bornes, alors là attention, les élus pourraient « dire leur mot ». Le plancher des vaches sera bien gardé.


Garder la ligne. L’effet low cost ouest

Merci bas coût. Low cost toujours, tu m'intéresses
Volatiles, pas réglo, les compagnies à pas cher sont prêtes à déserter au moindre désagrément judiciaire ou financier. Une bonne base pour les perspectives de trafic du projet de Notre-Dame-des-Landes.

Pour l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, il n’y a pas à tortiller de l’aileron arrière pour chier droit. Il le faut parce qu’il le faut. C’est clair ? D’ailleurs, le trafic. Quoi quoi, qu’est-ce qu’il a, le trafic ? En consultant les chiffres de
la chambre de commerce, qui gère jusqu’à fin décembre l’actuel aéroport, on découvre que les compagnies low cost représentent 47 % du trafic. Presque la moitié du trafic actuel, quand même ! Les destinations proposées sont essentiellement en Europe (69 %), le reste au Canada, aux Caraïbes, en Afrique. C’est sur ces sociétés peu recommandables qu’on va donc tirer des plans sur l’avenir. Ce qui ne coûte pas cher.

Les compagnies low cost ont très peu d’heures de vol à Nantes : le phénomène est très récent. En 2003, la compagnie Jetmagic lance la première ligne low cost nantaise, reliant Cork. Abandonnée sept mois après. Ryanair prend le relais en 2005. EasyJet, Flybe, Jet4you, Windjet et Transavia (filiale d’Air-France) ont rejoint la compagnie irlandaise.

Jusqu’ici, pour attirer les compagnies low cost, les collectivités déroulaient le tapis rouge, exonéraient de charges et de taxes, faisaient des cadeaux par ci, accordaient des subventions par là. Les compagnies se font aussi payer des tickets d’entrée pour rejoindre un aéroport. Exemple : «Pour toute ouverture de ligne directe avec un aéroport européen non encore desservi, nous offrons des réductions de redevances passagers et atterrissages : 50 % la première année, 30 % la deuxième et 10 % la troisième année», explique en 2005 le président de la CCI, Jean-François Gendron*.

Contrat tout en tractation

Chez les low costkillers, la pratique classique consiste à renégocier le contrat, à demander des rallonges. La collectivité, qui tient à ce que son aéroport soit bien fourni en lignes, recrache au bassinet pour financer une campagne de promotion ou d’autres avantages. Une pratique que certaines chambres de commerce, à Pau ou à Montpellier, qualifient carrément de «racket». La baisse des coûts, et à terme les profits de la compagnie, sont donc habilement financés par l’argent des contribuables qui paient la différence entre le tarif low cost et le prix normal d’un billet. Selon une enquête menée par Air France, «les chambres de commerce et d’industrie, qui gèrent les aéroports, soutiennent l’activité de Ryanair en France à hauteur de 9 à 32 euros par passager embarqué»***. Le tour de passe-passe discret a institutionnalisé l’habile externalisation des coûts.

Le mot d’Ayrault

Merci bas coût. Low cost toujours, tu m'intéresses
Pour voyager pas cher avec ces compagnies, mieux vaut ne pas être gros (surcharge donc surtaxe), musicien (obligé de payer le prix fort pour embarquer son instrument), ou handicapé (débarqué si non accompagné). Côté social : personnel mal payé, poussé au rendement en incitant à la vente en cabine, interdiction larvée d’être syndiqué, horaires délirants…

Interrogé** sur sa responsabilité à couvrir des entreprises bafouant le droit du travail, intégrant la régression sociale comme élément de profit, ayant recours à des pratiques de racket, Jean-Marc Ayrault s’est montré évasif. De toute façon, ni responsable ni coupable : «Ce n’est pas de notre ressort, c’est le concessionnaire (Vinci) qui gèrera, mais on (les collectivités) sera dans un comité de suivi et si besoin, on pourra y dire notre mot». Des paroles aussi menaçantes ont de quoi faite trembler les compagnies low cost qui réalisent avec effroi que si jamais le maire de Nantes trouvait quelque chose à redire, il dirait un mot. Mais contre les casse-coûts, Ayrault ne criera pas casse-cou ! L’exploitation des salariés des low cost, le contournement du droit du travail ? Des détails juste bons à être survolés.

* Le Point, le 6 mai 2005
**Lors d’une conférence de presse le 27 septembre, annonçant le financement du projet d’aéroport par les trois collectivités, agglo, département et région.
*** Le Figaro, le 11 mars 2010

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