La lettre à Lulu
Lulu 88 - mai 2015

Métallo j’écoute. Vinci fout la honte



Trois jours mi-décembre, les artistes ferrailleurs de l’asso Transformeurs, qui recyclent* des vieux machins de récupe, ont ouvert une vente de meubles, accessoires, colifichets. Un marché de recyclage, mais à entrée payante. Deuxième surprise, Vinci figure dans les sponsors. « Pour rentrer, je passe à la caisse, et j’explique être en désaccord, raconte à Lulu une visiteuse un peu perplexe. Je refuse de payer. Le type à la caisse, look très cool, bohème : "Nous avons hésité à afficher le logo". Je réponds : "Vous n’avez pas hésité à les utiliser comme sponsor !" Lui : "Ce ne sont pas des sponsors... Bon, soit vous payez, soit vous partez". Moi : "Je pars". Lui : "Je… Je peux vous inviter… Il y a du monde autour de nous… Entrez". Une femme s’énerve, me dit : "Nous n’avons aucune subvention de la ville" ». Ça sert à quoi de frayer avec le capitalisme bienveillant si c’est pour avoir la honte ? Avec des tels faux culs, on n’est pas près de transformeuriser la société.

* Si on n’est pas un blaireau, on dit « upcycling ».

Lu 71 fois