La lettre à Lulu
N°98-99 - décembre 2017

Mon trottoir, merde alors !

Poubelle la ville


Un coup de fil colère suffit à déclencher le tri à la demande, devant chez soi.


Le 18 octobre, une équipe télé d’une boîte de production (Éléphant, ça s’invente pas) tourne pour la chaîne Arte un sujet sur le peintre Turner et veut orienter sa caméra sur une vue de l’île Feydeau conforme au cadrage choisi par Turner pour son tableau en 1826. Seulement voilà, la vue est encombrée d’ordures en bazar sur le trottoir. La boîte de prod', qui ne veut pas gâcher le déplacement de son équipe, se plaint à Nantes métropole, qui plie illico et fait réaliser l’enlèvement des ordures et sacs éventrés sur quelques dizaines de mètres, dans l’axe de vue de la caméra, allée Duguay-Trouin, pas avant, pas après. Cet automne, c’est la consigne : si un habitant râle, des bennes passeront juste pour son bout de trottoir, pas plus. Le râleur qui appelle le service municipal Allonantes s’est fait dire que c’est juste la faute aux éboueurs, grévistes du zèle. C’est la consigne à Allonantes. Sauf que l’accusation est bidon. Les éboueurs appliquent juste les directives qu’on leur a imposées (un seul bac à la fois, laisser les sacs par terre, ne pas courir ni ramasser plus d’un côté de la rue sauf voie à sens unique..) Les éboueurs avaient prévenu dès mars 2017 : les nouvelles règles et nouvelles tournées imposées ? Intenables. Impossible de finir à temps les circuits. Ils ne se sont pas trompés. « L’administration, qui avait supprimé 24 postes, a été obligé de rembaucher 20 postes d’auxiliaires en catastrophe... Mais le problème reste entier », note la CGT. Il y a pourtant une solution : programmer des tournages télé à tous les coins de rue.

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