La lettre à Lulu
Lulu 101

Mourir vivant, tout un art

Bonne guerre


L’obsolescence programmée de l’ancien combattant inquiète.


On manque de combattants désaffectés. « Aujourd’hui les plus jeunes adhérents de l’UNC [Union nationale des combattants] issus de l’AFN [Afrique du Nord] sont âgés de 75 ans, la moyenne d'âge étant de plus de 80 ans. Si on veut pérenniser l’institution, il faut s’ouvrir sur la société civile, non combattante », dit son président en Loire-Inférieure (Presse-O, 09/05), un gamin de 67 ans qui n’a pas été au front, et reconnaît qu’il est là par raccroc, n’étant que « soldat de France », du nom de l’« Association de soutien à nos soldats en opération ». En fait, l’opération en cours, c’est l’addition des bidasses et des secouristes, des pompiers et abonnés à Militaria magazine, pour faire nombre. Une bonne guerre, voilà la vraie solution pour regonfler les effectifs d’adhérents avec des rescapés.

Bravo la bravoure

Ancien combattant, c’est déjà une lourde charge, mais épouse de, c’est encore plus héroïque. Faut repasser le drapeau à franges de monsieur, laver les bavures de vin d’honneur sur la chemise, le réveiller après la minute de silence, retrouver sa casquette oubliée dans le car de la sortie au mont Saint-Michel. Plus qu’un dévouement, c’est un combat. À Missillac, l’association des anciens battants a remis trois pendentifs de la croix d’Agadez (Croix du sud touareg) à trois dames, « pour l’accompagnement et le soutien aux activités de leur époux » (Presse-O, 12/05). L’an prochain, on médaillera les maris pour avoir supporté l’activité des médaillées.

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