La lettre à Lulu
Lulu 76 - mai 2012

Pâquerettes. Le pot-de-vin est à la baisse


La petite corruption des journalistes est passée aux tarifs low cost. De quoi, de quoi ? C’est en fin de l’article.


Tout le monde il est content. Vinci, le Voyage à Nantes, Volotea... C’est les trois V de la victoire des plus légers que l’air. Nantes accueille Volotea, nouvelle compagnie aérienne lowcost qui a fait le buzz avant de décoller. C’est à Venise, sa première base annoncée avant Nantes, qu’est né le tollé. La révélation du recrutement à péage, 100 euros pour être candidat à une embauche comme stewart, 400 pour briguer un poste de pilote, a obligé les dirigeants de la compagnie à dire qu’ils tombaient des nues. Un parachute comme un autre pour désavouer la boîte de recrutement, et annoncer que les sommes seraient remboursées*.

La Fédération italienne des travailleurs du transport (Filt, selon le sigle italien) a publié un communiqué incendiaire dénonçant les « cycles de travail humainement inacceptables » d’un service qui prévoit six vols par jour, et des salaires de 1 035 euros brut mensuels pour le personnel de cabine, plus 5 % sur les ventes à bord. De plus, chacun doit payer son uniforme avec une retenue de 75 euros par mois pendant un an, plus un ticket d’entrée de 900 euros pour les quatre jours de formation à Madrid où les candidats doivent aussi payer l’aller et retour en avion et leurs frais de séjour.

« Ça ressemble à un film qu’on a déjà vu, et dont on connaît la fin. L’expérience des années précédentes [avec une flopée de compagnies low cost Volare Web, Myair, Alpi Eagles qui ont vite disparu] ont été des situations dramatiques avec de graves conséquences sociales et l’élimination de postes de travail »**, a prévenu María Cristina Marzola, de la Filt de Venise. Presse Océan a aussi dénoncé « les coulisses de la low cost Volotea ». Il y a vraiment des journalistes ingrats. Rares. à Nantes, tous ceux qui étaient présents à la conférence de presse ont empoché sans rien dire le billet d’avion offert, un aller-retour pour deux personnes sur les nouvelles lignes au départ de Château Bougon. Soit un cadeau perso de quelque 120 euros. C’est du petit joueur, mais on est en province. Et c’est du gagnant gnan-gnan. La bouffe à bord, le truc à boire dans les nuages, c’est en rab. Un bagage en soute vaut 15 euros s’il pèse plus de 23 kilos. 12 euros par kilo de rab. Choisir son siège près du hublot ? 6 euros. Avec espace pour les jambes ? 13 euros. S’asseoir à l’avant ? 10 euros de plus. En fait, ces billets de faveur, c’est des attrape-nigaud pour obliger les faux privilégiés à rallonger, une fois embarqués. Les journalistes, ça se laisse facilement embarquer dans de ces trucs... 

Clément Adelair

* Expansion.com, 13 mars 2012
** hotelstur.com, le 2 avril 2012

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