La lettre à Lulu
Lulu 53 juillet 2006

Parisienisme. La miss exige un doigt de réponse


Vivement les élections de miss France manchotes. En attendant les défilés de mannequins culs-de-jatte.


Qu'est devenue Cindy Trichereau, alias miss Bretagne 2006, quelques mois après avoir été montrée du doigt par Le Parisien* ? Rappel des faits : Cindy avait été injustement accusée par le quotidien d'avoir profité d'une séance photo à La Réunion pour exprimer son dégoût du comité miss France. Un doigt d'honneur sortait alors des rangs, soulevant par la même occasion le cœur de Geneviève de Fontenay, fatiguée, ou ravie, des scandales à répétitions qui entachent chaque année un peu plus l'élection Miss France.
La jeune fille travaille toujours dans le centre ville de Nantes et subit chaque jour les infamies des passants qui la saluent d'un majeur assez peu courtois, qui plus est préjudiciable au commerce. Un calvaire pour l'innocente d'après son avocat: «Cindy en souffre, ce scandale lui a gâché son élection, elle qui s'en faisait une joie». Pire encore, la belle n'est plus invitée aux foires à pâtés et autres événements glamour, points culminants de son règne. Mais pourquoi avoir accusé si injustement Cindy ? «À moins qu'elle ait un bras bionique situé sous la hanche, je ne vois pas», déplore son avocat qui en veut moins aux reporters du Parisien qu'à Endemol, la société qui produit l'émission : «Ils l'ont laissée se faire accuser sans réagir, alors qu'ils connaissaient la coupable». Endemol chercherait à couvrir l'infâme : «Je sais qui c'est, mais je ne le dévoilerai pas son nom. Je ne souhaite à personne ce qui est arrivé à Cindy», glisse l'avocat qui soupçonne néanmoins la société de prod d'avoir créé, ou «laissé le scandale courir : ça fait un moment que l'élection Miss France sent la naphtaline. Ce petit scandale a permis, une fois de plus, de faire parler de l'élection». Un peu de grivoiserie fait toujours son petit effet. À Endemol, on se défend bien d'avoir prémédité quoi que ce soit : «Nous n'avons rien commandité du tout. Avec le décalage horaire, on était crevés et on ne s'est aperçu de rien quand on a sélectionné les photos pour TV Magazine». Un ras-le-bol de la miss semble inconcevable : « Elle était arrivée depuis à peine 24 heures, logée dans un hôtel 5 étoiles dans un univers paradisiaque, c'est impossible ! », confie à Lulu la société spécialisée ès programmes télé réalité, qui sort même une révélation tardive :
«Toute cette histoire a été montée en épingle, c'était un index et non un majeur. Lors de la séance photo, les filles ont du lever les bras et l'une des miss n'a pas pu descendre le sien à temps». Jacques a dit : «Baissez les bras !» Dommage qu'un expert en reconnaissance de doigt n'ait pas été dépêché sur place. Car c'est quand même ça le sujet majeur !
Même si Le Parisien a fait son mea culpa, le mal est fait. Cindy demande 15 000€ de dommages et intérêts pour le préjudice moral subi. Pour le moment, le procès s'est perdu dans le calendrier. Premier rendez vous le 18 mai, renvoi au 6 juillet, et on attend une date d'audience avant Noël. Si quelqu'un veut parler avant, il faudra bien lever le doigt.

Marie Poppers

* Lulu n°51.

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