La lettre à Lulu
n°27 - mar

Pépins. Le terminable fruitier



C’est un beau hangar au bord du bassin à flot de St-Nazaire. C’est aussi un beau raté. Le terminal fruitier de St-Nazaire n’a pas connu les fruits de ses efforts. Le rapport de la Cour des Comptes sur les politiques portuaires françaises épingle la construction de cet outil public “décidée en septembre 1992 sur le fondement d’études préalables de rentabilité économique gravement insuffisantes” rappelant les réserves émises alors par le trésorier-payeur-général et le contrôleur d’État officiant au Port autonome. On attendait jusqu’à 300 000 tonnes. On a investi 61 millions de francs, alors qu’on n’avait initialement prévu de ne dépenser que 45 millions. Mais pas de quoi pavoiser au final. En 1995, le trafic réel n’a été que de 30 000 tonnes, dégringolant à 7500 T l’année suivante, remontant à 40 000 T en 1996 mais on sera toujours loin du compte. Dans les milieux portuaires, certains donnent une explication de ce fiasco : le port, trop gentil, se serait fait enfruiter par le groupe belge BNFW (Belgian new fruit wharf) partenaire financier du terminal fruitier, qui n’aurait mis des billes dans ce projet que pour mieux l’étouffer en préservant ses propres installations à Anvers et Zeebruge. D’autres, comme la CGT du port, pensent qu’en pleine réforme du statut des dockers, cet équipement a servi de poudre aux yeux pour faire passer la changement de statut.

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