La lettre à Lulu
Lulu 59 - déc. 2007/jan. 2008

Pesticidées reçues

Les bionimenteurs



La presse mutualiste est bourrée d'engrais chimiques.

À Derval, Loire-Inférieure, Eugénie Hamon, 89 ans, mutualiste depuis plus de 50 ans et fille d'agriculteur bio, a bondi en lisant Essentiel santé, le magazine des Mutuelles de Loire-Atlantique*. Le dossier «Faut-il manger bio?» pose la question: «Les produits bio sont-ils réellement meilleurs pour la santé?». Voilà un «réellement» qui sème d'emblée le doute. Intoxiqué par l'agro-industrie et les productivisme chimique, le magazine avance qu'on ne peut pas vraiment opposer bio et non bio, d'autant qu'il y a de l'agriculture raisonnée qui fait des efforts et les appellations d'origine contrôlée qui sont très bien.

L'article soutient «qu'aujourd'hui les pesticides autorisés en agriculture conventionnelle le sont dans des conditions d'emploi telles que la limite tolérée dans les aliments ne présente aucun danger pour le consommateur». Mais le pompon, c'est la conclusion: non seulement l'agriculture à pesticides est sans le moindre danger, mais en plus «un plan ministériel prévoit de réduire de 50% les quantités vendues des substances considérées comme les plus dangereuses». Ce qui n'empêche pas les doses plus faibles, mais plus concentrées.

Les mutualistes y vont de leur bon conseil: «On peut aussi recommander de laver les fruits avant de les consommer». Encore un truc qui a fait bondir Eugénie: «Ce n'est pas une recommandation que vous devez donner, mais dites plutôt qu'il est impératif de les laver avec le plus grand soin et de ne pas manger la peau: ces magnifiques pommes rouges et brillantes ont subi de 27 à 43 traitements avant d'arriver sur votre table».

La publication santé fait parler l'inévitable toubib conseil. Celui qu'elle a dégoté est assez gratiné: «Si les pesticides peuvent être dangereux pour les utilisateurs, c'est-à-dire les agriculteurs, il n'existe aucune preuve de leur toxicité pour les consommateurs», explique sans tousser le docteur Jean-Michel Lecerf, endocrinologue lillois. «Pourquoi y a-t-il autant de cancers chez les exploitants agricoles?», répond Eugénie.

Le 12 septembre 2007, à Bruxelles, les eurodéputés ont opté pour une meilleure protection des consommateurs et de l'environnement. Marie-Hélène Aubert, vice-présidente du Groupe des Verts/ALE a alors estimé que «Les pesticides sont des substances toxiques, produites dans l'intention de tuer, mais elles finissent souvent dans nos assiettes (…) D'après les rapports des autorités de contrôle, les consommateurs sont exposés à un nombre croissant de résidus provenant des pesticides, particulièrement sur les fruits et les légumes (…) Les substances dont les effets
cancérigènes, mutagènes ou toxiques sont prouvés doivent être interdites, et ce malgré
l'opposition de l'industrie chimique (…) Bien sûr, opter pour plus d'agriculture biologique resterait le meilleur moyen d'éviter les pesticides à tous les niveaux
». Comme quoi, c'est vital de vivre bio.
Rita Baga

* Essentiel santé, novembre 2007

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