La lettre à Lulu
N°98-99 - décembre 2017

Petits diagnostics entre amiante

Désordres


Amiable, amiante, le palais de justice entretient ses amis.


Cette fois c'est l'amiante qui plombe la belle architecture de Jean Nouvel. Au point de devoir lancer un appel d'offres le 6 septembre pour désamianter (Presse-O, 03/10) les joints entre des brides des réseaux hydrauliques. Pourtant, vu l'âge de la construction, on aurait dû échapper à cette foutue amiante. Le bâtiment est livré six mois après le beugue de l'an 2000, en juin, alors que l'amiante est un matériau totalement interdit plus de trois ans avant, officiellement banni à partir du 31 décembre 1996.  

Tout est permis

Renseignement pris auprès du ministère de la Justice, il se trouve que le permis de construire de la boîte noire a été délivré le 4 juillet 1996, pour des travaux menés entre 1997 et 1999. Selon la réglementation, tout permis délivré avant le 1er juillet 1997 doit être accompagné d'un diagnostic technique amiante (DTA). « Ce type de diagnostic, qui s'appuie sur des recherches visuelles, ne permet pas de détecter les produits amiantés non visibles et notamment ne concerne pas les matériaux détectés dans les joints de canalisation », explique à Lulu le porte parole du ministère.


Upgrade ton diagnostic

Une mise à jour de ce diagnostic a été faite en 2017. Pas mieux. Aucun matériau amianté n'est repéré. Mais le jeune-vieux palais de justice réclame des réparations sévères. Avant de lancer un chantier sur un bâtiment doté d'un permis signé juste avant la date légale fatidique, il faut faire un « diagnostic avant travaux », une analyse plus poussée que le simple DTA. A ce point, entre DTA et DAT, on s'y perd. Mais bingo ! Cette investigation pointue tombe sur l'amiante. On vous avait bien dit qu'on vous dirait. C'est fait. Mais pas sûr qu'un certificat amiante soit délivré à tous les gens qui ont fréquenté les salles d'audience.


Rien ne va

Le bâtiment accumule les ennuis. Dix-sept ans que ça dure. Le noir palais de justice a déjà cumulé les outrages, fuites de toiture, groupe froid en panne, chauffage à grelotter, morceaux de façade qui se cassent la gueule, épaisses portes « carrés de chocolat » qui s'affaissent, éclairage qui marche pas, fissures et autres joyeuses malfaçons. Le ministère de la Justice avait saisi la justice, en toute indépendance, en 2009. Un accord à l'amiable a été trouvé avec le maître d’œuvre, l'entreprise générale et ses sous-traitants et l’assureur du chantier. En juillet dernier, la justice victime s'est désistée de sa procédure en justice*. Pour l'ensemble du bâtiment, on attend l'autopsie.

Jonas Bestos

* Seul le bureau Véritas reste poursuivi.


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