La lettre à Lulu
Lulu 69 - juillet 2010

Ploucophobie. La région se fait casser la figuration


Figurez-vous que figurant est un métier à Paris mais pas chez ces arriérés de provinciaux, où ça devient juste un cadeau qu’on leur fait.


Faciliter les tournages de films dans son fief, tel est l’objectif du bureau des tournages de la Région Pays de Loire. Plus incitative est la prime à la production pour venir en cette belle province poser ses caméras pour quelques scènes. Pour son premier long métrage, la réalisatrice Valérie Mrejen, a touché 110 000 euros de la région Pays de la Loire, plus d’un dixième du budget. Autre premier film, Toutes les filles pleurent : Judith Godrèche a récolté 100.000 euros pour deux scènes à Nantes, un mariage à la mairie, une autre dans un café. Une cinquantaine de films profitent chaque année de cette aide régionale. En échange de quoi on fait passer un casting aux locaux. Souvent pour la forme. Outre un catalogue de lieux et de décors naturels ou urbains, le bureau d’accueil des tournages fournit pourtant un fichier de comédiens et techniciens du cru, mais double l’annonce dans les journaux. Ce qui fait que le boulot de figurant (96,50 euros brut par jour, pour un cachet de douze heures) devient un loisir, une oasis dans l’ennui provincial. La province est mieux qu’un bassin de main d’œuvre low cost. C’est un vivier de zero cost.

Tournée de Mathieu Amalric ? Figurants pas payés. Toutes les filles pleurent, Judith Godrèche ? Figurants pas payés non plus. «À Paris, ce serait impossible. En province, on se le permet...» note un acteur un peu écœuré. Recruté sur la liste régionale, un comédien est venu de Laval à Nantes pour traverser la rue de la Fosse dans le champ de la caméra. Déplacement à ses frais et pas le moindre cachet. «Oui, mais ça vous fera de l’expérience», objecte un responsable de production à un de ces comédiens. «On n’est pas là pour se former, on a besoin de cachetons», répond ce grognon.

Quand Bertrand Tavernier tourne à Angers La princesse de Montpentsier, les figurants sont payés mais les postulants ont défilé pendant trois jours, près de trois cents par jour, rabattus par tous les pôles emploi du coin et rameutés par l’appel dans la presse. À quoi sert-ce de figurer sur le listing des pros du cinéma pour se faire court-circuiter ? Sans doute pour faire de la figuration.

Au sens figuré.

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