La lettre à Lulu
n°18/19-été

Polyphonies. Scènes SM à l’UDF


A l’UDF, lorsque certains voient double, les autres décident de ne rien voir. Du coup tous se voient d’un mauvais œil, ce qui fait autant de points de vue.


Polyphonies. Scènes SM à l’UDF
Les dirigeants nantais de Démocratie libérale, Force démocrate et du parti radical valoisien, ont informé par courrier leurs hiérarchies nationales respectives «d’événements insolites qui se sont produits lors des élections à la présidence et au Conseil départemental», le 8 novembre 97 à Nantes.

En résumé, un «insolite» tour de passe-passe électoral qui vaut aujourd’hui à Christian Brisset, conseiller régional UDF tendance «Adhérents directs», d’être traité «d’escroc» par ses petits camarades. L’affaire tient en quelques chiffres : sur les 1274 adhérents que compte l’UDF en Loire-Atlantique, 30% se déplacent pour les élections internes, soit 384 votants. Première manipulation : Brisset, qui a organisé ces élections, décide le soir même de communiquer à la presse le chiffre de 768 votants, soit exactement le double. Histoire de faire plus riche.

Mais l’embrouille ne s’arrête pas là. Brisset emporte le soir même la liste d’émargements et les bulletins et refuse pendant dix jours de les communiquer aux autres composantes de l’UDF locale. Qui les réclament à cor et à cri, finissent par les obtenir et découvrent l’insoutenable : la liste a été purement et simplement falsifiée, avec 32 inscrits de trop, comme par hasard tous Adhérents directs «de complaisance.»

Encore plus fort, les Adhérents directs et le PPDF, le particule d’Hervé de Charette, sont accusés d’avoir truqué les résultats en doublant après coup leurs scores. Explication officiellement embarrassée de Christian Brisset : «On a dû se tromper de 100 voix...» 113 voix pour être précis, toutes dénoncées comme fictives. Ce qui nous fait tout de même 23% de marge d’erreur...

«C’est vrai qu’il y a eu une centaine de voix d’écart», s’étrangle Christian Brisset, «mais j’attends toujours qu’on me démontre qui a profité de ces votes, puisqu’ils sont secrets... D’ailleurs le soir même une commission départementale paritaire a validé les résultats et personne n’a déposé de recours.» Mieux, les victimes sont carrément consentantes : «Pour ne pas nous ridiculer vis-à-vis de l’opinion et ne pas faire éclater cette lamentable affaire, nous avons décidé avec Monique Papon d’écraser le coup et de ne pas refaire le vote», obtenant tout de même que les Adhérents directs de Brisset renoncent à un siège au bureau départemental.

C’est vrai ça, il n’y a pas de raison de ne pas se faire du bien sous prétexte qu’on se fait du mal.

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