La lettre à Lulu
n°32 - mar

Pompl’art . De l’assassinat considéré comme un des beaux arts



Il y avait l’art pompier, il y a dorénavant l’art contemporain avec pompier. Le 19 décembre à 23 heures, une jeune femme qui passait devant la galerie de l’école des Beaux-arts de Nantes est prise de panique en apercevant derrière la vitrine un spectacle qui la glace d’épouvante : un bureau en désordre, des tables renversées, un écran télé rempli de neige, des traces de bagarre et surtout deux corps visiblement très mal en point baignant peu ou prou dans une mare de sang... Brrr ! Affolée, la passante appellent des quidams qui passaient par là, eux aussi stupéfaits par cet abominable massacre. Le temps de reprendre leurs esprits, ils alertent les pompiers qui rappliquent dare-dare et décident d’entrer en défonçant la porte vitrée à coups de hache. L’horreur est à son comble lorsqu’ils comprennent, hélas un peu tard, leur méprise : il s’agissait de deux mannequins imitant à la perfection l’engeance humaine. De toute évidence ils ont eu à faire avec une installation artistique redoutablement réaliste, œuvre pour le moins étonnante d’une jeune artiste nantaise, Virginie Barré.

Alertée par le raffut, les bris de verre et l’alarme qui s’est mise à hurler, la femme du directeur de l’école des Beaux-arts descend dans la galerie, son jeune enfant dans les bras, bientôt rejointe par quelques artistes et élèves de l’école qui dînaient non loin après le vernissage de l’exposition. Incompréhension de part et d’autre, les jeunes artistes et la femme du directeur outrés qu’on ait détruit leur vitrine, les passants encore sous le choc de leur macabre découverte. On hurle ici au mauvais goût, on rétorque là que ces ignares ne comprennent rien à l’art contemporain. La rencontre vire presque à l’altercation, à tel point qu’il faudra quérir les poulets pour séparer tout ce petit monde. L’artiste, navrée, finira par s’excuser auprès de la jeune femme saisie d’une crise d’angoisse, à tel point que les pompiers lui proposent de l’emmener à l’hosto. Sans doute le syndrome de Stendhal.

L’affaire fait aujourd’hui bien rire Robert Fleck, le directeur de l’école des Beaux-arts, qui n’en revient toujours pas qu’une installation ait pu susciter un tel émoi et, en exclusivité mondiale, l’intervention des pompiers, lesquels sont venus à plusieurs reprises les jours suivants contempler l’origine du trouble. L’histoire a même fait le tour du milieu artistique parisien. D’ici à ce qu’on décerne la médaille des arts et lettres au pompier auteur de la performance à la hache... Dans la catégorie art brut, ce serait bien le moins.

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