La lettre à Lulu
Lulu 54 novembre 2006

Prenez le marquis. De Dion, presse-bouton



La commune de Carquefou s'est trouvé son héros: le marquis Jules-Albert de Dion. Suffit d'appuyer sur le bouton com'.

On célébrera l'auguste pionnier de l'auto, en occultant soigneusement l'homme politique d'extrême-droite, antidreyfusard farouche, antisémite et catho ultra. Le gusse est d'abord comte, puis marquis quand son paternel calanche. L'historien Jean Guiffan relève le premier mensonge: «Faire croire à tout le monde que de Dion est né à Carquefou alors qu'il a en réalité vu le jour à Nantes, au domicile de ses parents, place de la Monnaie». Les dicos se trompent, la mairie le sait bien, mais fait mine de rien. On n'a pas d'autre gloire sous la main. Et les vieux tacots, c'est joli.

On ne peut pas plus argumenter que le marquis aurait en fait passé le plus clair de sa vie à Carquefou, ce qui justifierait le terme "patrie de De Dion": Jules-Albert a vécu essentiellement à Paris, toute sa jeunesse et la plus grande partie de sa période active. Le reste à Nantes, dans son hôtel particulier, rue de Bouillé. Il n'allait au château de Maubreuil de Carquefou que pour ses loisirs, ou en campagne électorale.

Jean Guiffan n'en démord pas: «Cet "admirable" marquis était un fieffé réactionnaire, ultranationaliste, antisémite et antisyndical. Un de ses slogans favoris était: "La France aux Français!" Et s'il était élu au premier tour avec des chiffres écrasants, c'est tout simplement parce qu'il achetait les électeurs.» De Dion, une icône qui roule. Mais qui roule qui?

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