La lettre à Lulu
Lulu 109-110

Quai-ce qui se passe ?

Film alimentaire


Traffic et rififi sur les quais de Montoir.


Officiellement, les clôtures du port étaient mal entretenues. En fait, l'autorité portuaire trouve que les grillages du terminal à conteneurs de Montoir sont carrément passoire et le rôle des vigiles à la guitoune d'entrée proche du pipi dans un violon. En urgence devant le tribunal administratif, par référé, le port a retiré à Seris Security le marché de la sécurité de ces quais pour le reprendre en main en direct. Un marché copieux que la sécurité sur les 58 hectares du terminal à conteneurs et 350 mètres de quai, qui rapporte « un million d’euros de chiffre d’affaires par an » à TGO, l'opérateur privé du terminal, et à son sous-traitant. Sanction rare, qui doit beaucoup à la saisie de 144 kg de cocaïne venant des Antilles, et à l’arrestation en flag de deux dockers et d’un intermédiaire de la filière, déchargeant sur le terminal en question. Paraît que ça ne se fait pas. Juste avant, la sécurité avait démontré sa porosité, « des gendarmes en civil ayant réussi à entrer et sortir, avec une voiture banalisée, sans être contrôlés » (L'Écho de la Presqu'ile, 24/12/2019).

La veille, au tribunal, le boxeur dans le box, c'est le père d'un des deux dockers arrêtés sur les quais. Le papa a pris quatre ans ferme pour blanchiment aggravé, 40 000 € d’amende, et on lui a confisqué les sommes mises sous scellés pour l'enquête, 459 000 € douteux, en « liasses de 100 € ou 200 € conditionnées dans du film alimentaire » (L'Écho de la Presqu'île, 19/10/2019), typiquement la « marque du grand banditisme » selon le procureur dont on ne sait pas s'il est polarisé par le plastique ou s'il fait une allergie au cinéma.
Raoul Folnivo

Lu 0 fois