La lettre à Lulu
Lulu 100

Reprise en mai

Captain commémo


Nantes, ses commémos mollo mollo de 68, tuit tuit.


Pas évident de célébrer Mai  68 quand, 50 ans après, la rue n’est pas pacifiée, les manifs restant lacrymogénées, les étudiants matraqués. L’actualité contrarie le mémoriel. Sérieusement débordée en mai 68, la municipalité reprend l’histoire en main « pour faire entrer Mai 68 dans l’histoire nantaise » et « contribuer à la coconstruction d’un récit commun ». Le slogan « coconstruction, piège à cons » n’étant pas d’époque, on peut y aller. Mais avec la rue, on joue avec le feu, les manifestations festivités bien cadrées sont placées sous extincteur, soigneusement noyées dans « l’événement Carrément biscuits » décrété 100 % participatif et censé associer le 26 mai le grand public à tout et à rien, pourvu que ce soit chanté, dansé ou déclamé.  

Mai basse sur la ville

Le souvenir de la subversion est placée sous tutelle municipale, partenarisé avec une vingtaine d’institutions culturelles, conservatoire, archives, médiathèque, Lieu unique... Le budget annoncé, entre 200 000 et 250 000 €, permet une flash mob opérette, un jeu vidéo de course de bagnoles projeté sur une façade, une « danse de masse », une expo sur le climat qui s’détraque, des concerts amateurs type scènes ouvertes, des déclamations de poèmes au coin de la rue.  

Une aventure sonore

Et quelques trucs sur Mai 68 mais pas trop. Un partage de souvenirs « en tête à tête », une chorale participative pour entonner pas trop fort des chants de 68 place Graslin. Place Royale, des comédiens sortant du conservatoire referont trois fois leur « prestation de 15 minutes » supposée faire « revivre l’essence des revendications de mai 68 » et illustrant « le cœur de la motivation étudiante de cette époque ». La compagnie de théâtre de rue  Magic Meeting fait folklorisette avec une « déambulation d’une heure sur les événements de Mai 68 à Nantes, casques sur les oreilles, les participants deviendront interprètes d’une aventure sonore où se mêleront patrimoine, histoire, expression corporelle ». L’aventure sous casque, aussi ébouriffante qu’un salon de coiffure vintage. Mais c’était vraiment ça, Mai 68 :  twist dans la rue, madison dans les facs, jerk dans les usines... Selon le dossier interne à la mairie, cette balade, casque audio sur les esgourdes, « permet de maîtriser la jauge à l’inverse d’une visite guidée classique où le public peut s’agréger ». La foule non prévue, c’est la hantise des commémos. Des visites guidées arpenteront sagement les lieux de manifs, menées par des guides-conférencières de la Direction du patrimoine et de l’archéologie. Toute découverte d’ossement soixante-huitard authentique doit être déclarée aussitôt aux autorités.

Daniel Cocon-Bendit


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