La lettre à Lulu
Lulu 49 été 2005

Royalties. À vot bon’ rigueur, m’sieurs dames !




Clown et conteur, Jean Kergrist balade cet été en péniche, le long du canal de Nantes à Brest, le spectacle «Bagnards en cavale», produit par son Théâtre national portatif. Sollicitée pour accueillir ce spectacle, royalement vendu 700 euros l’escale, Yannick Guin y a opposé «des raisons de rigueur budgétaire», dont on a remarqué la pertinence, avec l’octroi d’une rallonge budgétaire pour l’éléphant de Royal de Luxe, crédité d’un budget de 1,8 millions d’euros, qui s’est trouvé rallongé de 463 000 euros au conseil municipal du 1er juillet. Dans sa lettre à l’artiste, l’adjoint à la culture explique : «Les institutions ne sauraient être des tiroirs caisses ouvrables à la demande, ni des vaches à lait de complaisance. La grandeur de notre action politique est de faire des choix, avec les moyens que les électeurs nous donnent, au nom de l’intérêt général et des orientations définies, et non d’accéder à tous les intérêts particuliers, venus de partout...» Seule la ville de Nantes a refusé d’acheter le spectacle, gratuit pour le public. Sur la petite dizaine d’escales prévues, à Nort-sur-Erdre, le 12 août, ou à Sucé, le 16 août, Kergrist recueillera les pièces jaunes qu’il offrira à la ville de Nantes «pour l’aider à franchir cette mauvaise passe financière». Pourvu que ça coince pas le tiroir caisse de monsieur Guin.

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