La lettre à Lulu
Lulu N° 80 - mai 2013

Sauvé par le gong. Une campagne in extrémiste


Un an avant, ça compte dans les dépenses de campagne. Même si c’est à la ville. Après on s’en fout. Jusqu’à la prochaine fois.


Le communicant n’aime pas les campagnes électorales. On lui demande de calmer ses ardeurs pendant un an, par peur des contestations, procès et obligation de réintégrer les menus frais de propagande dans les comptes de campagne qui sont justement plafonnés. Alors on ruse. À Nantes, par exemple, il faut juste faire avant la date fatidique. La période, c’est « l’année précédant le premier jour du mois de l’élection », programmée en mars 2014. Pour les litiges sur les dépenses de campagne, le concon (Conseil constitutionnel) tranche en dernier ressort. Selon une jurisprudence de 1993 concernant les Yvelines, le concon a considéré que le journal municipal peut être apprécié comme une publication régulière relevant de la politique d’information de la collectivité, sauf les éléments de bilan de mandat assimilé à une propagande électorale dont le coût doit être intégré dans le compte de campagne du candidat.

Il fallait donc larguer tout avant fin février 2013. Quatre débats dans les derniers quinze jours, un site internet créé pour avec trois vidéos d’animation concoctées pour l’occasion, des comptes Facebook et Twitter. Tout ça pour 300 000 euros incluant aussi le supplément au dernier bulletin municipal en janvier, juste avant la morteligne, copieux bilan de mandat sous forme de livret de 72 pages, couverture cartonnée, « Nantes aujourd’hui demain ». Une ville où tout est formidable, où on dialogue sauf sur certains sujets aéroportuaires qui fâchent, où on loge tout le monde, sauf les Roms, qui ne votent pas, de toute façon, où « la jeunesse est une chance » sauf si les parents sont sans papiers. Une ville qui forcément est « toujours plus verte » en taisant ce nom pénible de Notre-Dame-des-Landes qui est qu’on le veuille ou non hors des limites communales. Donc hors sujet. Les tritons crêtés et marbrés ne votent pas à Nantes.

Lu 82 fois