La lettre à Lulu
Lulu 68 - avril 2010

T'as tuffeau. L'honorable notaire a pognon sur rue


Notaire chatouilleux sur sa réputation cherche discrétion. Faire offre à l'étude.


Jean-Martial Nicolas ne veut pas qu'on parle de lui. Pas citer son nom. Rien. C'est vrai, la déontologie de ce respectable notaire qui a pignon sur rue, au Pont-du-Cens où il exerce son honorable profession, lui interdit le droit à toute publicité. Mais en voulant réaliser un fructueux investissement, Jean-Martial s'est fait des relations publiques avec un voisinage encombrant. Juste à côté de son pignon sur rue, il possède une masure bourgeoise en pierre de tuffeau, très bon état; aucun usage. Simplement un peu inoccupée depuis des lustres. Plus d'électricité, plus de lustres, mais ça n'a pas découragé les jeunes gens qui y ont élu domicile, «sans propriété ni titre», comme disent les notaires, les huissiers et les juges. Des jeunes gens parfois dépenaillés, pas toujours très bien rasés, dormant plutôt dans des duvets que des draps de soie. Jean-Martial a bien eu une jeunesse à duvet, mais à 17 ans (selon sa biographie communiquée par Maman-denotaire.com), il a décidé de se raser comme un homme, avant même d'attaquer ses études de droit. Cet automne, les raseurs, ce sont ses voisins squattant sa maison vide, arborant des calicots ornés de noms d'oiseaux pointant vers l'étude mitoyenne. Jean-Martial n'a jamais été un aigle, mais il ne pensait pas se faire traiter de «vautour». Un vocable qui sent son XIXe
et ses caricatures de gros proprios croqués par Daumier. Me Nicolas n'exploite pourtant pas ses locataires, puisqu'il n'en a soigneusement pas, et que les malandrins qui se sont imposés n'ont pas daigné signer un bail en bonne et due forme. D'ailleurs, Jean-Martial Nicolas qui voudrait bien que son nom n'apparaisse pas en bonne et due forme, est ici moins notaire que victime. Rapport à son cœur de métier, la propriété privée. Forcément, récupérer son bien lui tient à cœur, mais c'est à contre-cœur qu'il a du solliciter la justice, faire requérir la force publique afin de faire expulser manu policiari ces empêcheurs de démolir une si belle maison vacante. C'est qu'il a de l'immobilier à bâtir, et un parking privé à la clé, le Jean-Martial. Des arbres à ratiboiser, du béton à couler pour faire fructifier son petit spécule. Jean-Martial voudrait bien qu'on ne parle pas de lui. Le squat intitulé «La Gueule du loup» a donc été expulsé, même si les sans propriété ni titre ont fait de la résistance, attendant la maison Poulaga dans une cabane construite sur le toit, difficilement accessible sans risquer le vol plané. Cette police n'est pas formée à la voltige. On aurait pu faire venir de Rennes les spécialistes du GIGN.

Cette défense dite «à la barcelonaise» aura tenu des heures. Au rez-de-chaussée, la porte était bien barricadée, le bélier a buté dessus sans l'ébranler. La meuleuse s'y est aussi cassé les dents. La police rentre-dedans a dû réquisitionner une pelleteuse du chantier voisin. Mais les ouvriers ont refusé de conduire l'engin. Il a fallu quérir un autre conducteur sur un autre chantier, pour démolir la porte en éventrant le mur. Évidemment, on va tenter de mettre ça sur le compte des squatters. Dégradation de ruines délabrées par les poulets, ça va chercher combien?

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