La lettre à Lulu
Lulu 97 - juillet 2017

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Multinationale bashing
Le 27 mai, les Baulois furibards ont manifesté contre Véolia, appuyés ce jour-là par un poids lourd people, le chroniqueur sportif Pierre Ménès venu soutenir les restaurateurs de la plage spoliés par la décision de l’État confiant le sable à un autre privé pour douze ans. Contre l’évolution en marché, la révolution est en marche.

L’écartelé du yaourt
Député girouette cacahuète, Yves Daniel a troqué à la mi-mars sa casaque PS pour une veste retournée En Marche. Mais il a des arguments : « J’ai travaillé avec Emmanuel Macron dans la commission Affaires économiques, j’ai lu son livre, donc je sais ce qu’est son projet » (L’Éclaireur de Châteaubriant, 22/05). Comme quoi, lire un livre, c’est intéressant, politiquement. Dans la commission, Yves Daniel a par exemple causé quotas laitiers en s’opposant au « cartel des yaourts ». Macron n’en parle pas dans son livre. Quel ingrat. Mais Yves Daniel a laissé à la postérité ce bon mot subversif* : « Vous affirmez souvent que la concurrence n’est ni de droite, ni de gauche. J’aimerais savoir ce que vous entendez par là. » Une question ni de drauche ni de goite.
*  Assemblée nationale, séance du 21 juin 2016 à 17h15, heure locale.

Miction impossible
À Nantes, on pisse sur trottoir tous les jours depuis juin 2017. Conçus par des designers, les urinoirs secs, bacs en plastique pleins de foin et coiffés de fleurs, sont connectés pour prévenir du trop-plein. Ça coûte 3 200 euros pièce, faudrait peut être y coller une caméra de surveillance. Parait que ça lutte contre le « pipi sauvage urbain ». Les concepteurs annoncent 160  pipis collectés la première semaine, 100 la deuxième. Soit 60 % de perte immédiate…  C’était la rubrique petits besoins.

Pipipourra
La jauge du pipi de ville est une donnée scientifique. L’unité de mesure est donnée par le site uritrottoir.com des designers d’uritrottoir® : une miction étalon c’est l’« équivalent vessie pleine 450 ml ». Faudrait pas prendre les vessies pour des citernes.

Borne bague
Toujours des petits besoins : Nantes offre le mariage « la nuit » (en fait de 19 h à 23 h), une fois par mois. Une première a eu lieu le 16 juin 2017*. Mariés la nuit, ah la la, quel corde au coup de com’. Moins bien que Las Vegas quand même, où le bizness des mariages remonte au début des années 40, et où on se baguaudoigte tous les jours jusqu’à minuit, mais le bizness bat de l’aile et « ne génère plus que deux milliards de dollars par an, contre trois milliards au début des années 2000 » (Les Échos, 15 janvier 2016). Nantes, toujours à la traîne. Faudrait une idée plus attractivante. Pourquoi pas des divorces des couples bisexuels, les 29 février des années bissextiles ?
* Deux autres dates en 2017 : 22 septembre, 15 décembre.

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