La lettre à Lulu
N°98-99 - décembre 2017

Tagadac tagadac



J’aurais préféré ne pas
Il aurait mieux fait de s’autocensurer. « Non, mais moi je ne suis pas contre la censure », bredouille Bruno Retailleau sur France Inter (10/10). C’est risqué de double négationner pour un oui pour un non.

Camera oscura
La vidéo, pour se prémunir contre le crime et l’abomination vandalesque, ça ne sert à rien. Deux pétitions dénoncent l’insécurité au Hangar à Bananes. « Chez nous il y a 16 caméras, des vigiles et quand même 200 personnes à travailler, soupire le promoteur Jean-Marie Nex. Nous n’avons pas besoin de cette image » (Presse-O, 04/11). Mais question images, celles des caméras ne font que poudrer le perlinpinpon des voitures de police. Le mémorial de l’abolition de l’esclavage a vu ses plaques de verre vandalisées deux fois « malgré la présence de douze caméras de surveillance dont quelques unes braquées sur lesdites plaques » (Presse-O, 12/10). Les caméras, c’est sensible, faut pas les braquer.

De A à zaides
L’opposition de droite qui regrette que Bouguenais refuse la vidéosurveillance, a déclaré : « Il ne s’agit pas d’être dans le tout sécuritaire mais il eut été judicieux de se lancer dans cette expérimentation pour bénéficier des aides métropolitaines. » (Presse-O, 07/10). En gros, c’est naze mais il y avait du fric à prendre. Le judicieux prime sur le judiciaire.

Zaidistes, antizaidistes
Conseil municipal, 6 octobre : Johanna Rolland vilipende l’État et propose un vœu contre l’arrêt des contrats aidés. « Des emplois précaires et mal payés. Les personnes en recherche d’emploi et les associations méritent mieux qu’un pis-aller ! », rétorque Hervé Grelard, UDI passé chez Macron. L’emploi aidé, c’est donc nul. Mieux vaut plafonner sous le seuil de pauvreté durable. Ironie de l’histoire, les secteurs les plus utilisateurs d’emplois aidés, vie associative et sport, sont dotés d’adjoints, Aïcha Bassal et Ali Rebou, qui ont lâché le PS pour rallier Macron à la première heure, avant les présidentielles. On n’est pas aidés.

Assistance policière
« Aucune personne en situation de vulnérabilité ne doit se retrouver à la rue dans notre ville. Il en va de notre devoir d’assistance », affirme Mme Rolland sans honte (Presse-O, 20/11), le jour même où en tant que proprio de l’ancienne école des beaux arts désaffectée, elle a ordonné sans état d’âme, avant l’hiver, l’expulsion manu militari des locaux occupés la veille pour abriter les mineurs étrangers. Lot de consolation, elle dit débloquer dix logements* et se vante d’avoir fait la semaine d’avant des propositions de logement « dont la liste reste à établir ». Autant dire du vent. Autant en emporte.
* trois jours après, il s’agit juste de « prendre contact avec la préfète » à ce sujet...

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