La lettre à Lulu
Lulu 100

Terminus des abribus : y a d’l’abus

Effet d’aubette


On change tout, on balance. L’existant ? On s’en balance.


Terminus des abribus : y a d’l’abus
C’est un des postulats d’aménagement de l’île de Nantes : « Faire avec l’existant » *. Presque un mantra. Idem pour le quartier Bottière Chênaie et désormais pour l’aéroport Nantes Atlantique. « Optimiser l’existant » : la même idée d’économie de ressources, d’énergie et de moyens a flotté au dessus du débat Loire. Le projet urbanistique Désiré-Colombe s’annonce « nouvel espace de vie, durable, contemporain et respectueux de l’existant. » Le chantier du campus du Tertre serinait tout autant de « faire avec l’existant, optimiser la surface »*.

Sauf quand l’existant n’est bon qu’à foutre en l’air. On bazarde ainsi toutes les aubettes de bus, même en bon état, et on recommence. Presque un millier d’abribus de l’agglo ont été arrachés au bitume par l’opérateur sortant et remplacés par le winner du nouveau marché, JC Decaux. En tout 992 abribus, dont 54 récupérés (qui appartenaient à la ville) sur le réseau TAN. Sans oublier des abribus à énergie solaire à installer, en nombre fluctuant, 23 selon Decaux, 54 d’après Nantes métropole. Si même les organisateurs ne sont pas d’accord... Et selon la police ?


Ça aurait pu

On n’a donc pas gardé les abribus existants, même si Decaux reconnaît que « cela a été envisagé en partie ». Mais finalement pas plus qu’envisagé, Nantes métro ne l’ayant pas fait figurer dans l’appel d’offres : « JC  Decaux n’avait pas la possibilité de récupérer le matériel ne lui appartenant pas. La proposition a donc été faite avec d'une part certains mobiliers rénovés d’un marché précédent (en stock JC  Decaux) et d’autre part des mobiliers neufs ». Recycler un peu, mais pas trop.

N'étant plus titulaires de ce marché, nous ne souhaitons pas nous exprimer sur ce sujet », même pour dire ce que deviennent les abribus récupérés, a répondu Clear Channel qui détenait le marché du mobilier urbain pour Nantes de 2001 à 2017. Un autre marché a été passé de 2006 à 2017 avec Abri Services pour Rezé, Saint-Sébastien, Orvault, La Chapelle-sur-Erdre, Sautron, Saint-Herblain.  

Contre partie remise

Mais c’est pas tout. Nouveau marché, nouveaux panneaux de pub, format 2 m², 8 m², journaux lumineux à changer sur les communes de la métropole. Abribus et panneaux de pub, « environ 2 500 mobiliers sont progressivement installés sur une durée totale de huit mois », commente Nantes métro qui insiste : « Le changement et l'entretien de ces mobiliers urbains ne représentent aucun coût pour les habitants ». Il y a quand même une contrepartie à sa gestion des abribus, le marchand de pub fait son beurre, c’est sur les emplacements de pub qu’il vend, reprenant le vieil adage d’internet et des Gafa, « quand ça ne vous coûte rien, c’est vous le produit ». Là aussi, les bus ont intérêt à soigner leurs retards pour augmenter les temps de cerveau disponible à la pub.

On passera sur les couacs et retards du chantier qui laissent les usagers sur le trottoir et les mettent dans le vent. Les abribus new look et connectés mis en place par Decaux à Paris depuis 2015 n'ont pas l’air très abritants. « Ouverts par le fond, qui laisse pénétrer l'air glacial, ces édicules informes et compliqués ne protègent de rien, avec leur panneau latéral riquiqui et leur banquette courbe anti-SDF, qui peut accueillir deux personnes maxi » (Libération, 12/02). Comme quoi la nouveauté ne manque pas d’air.

 

Philip Starquebuse


* Piqué dans la plaquette développement durable de la Samoa, mais aussi Ouest-France, Usine nouvelle, Le  Moniteur, Reporterre...

Lire aussi en BD :  "Serial vandalisme à la nantaise", Lulu 98-99, décembre 2017

Poireau connecté
Le rêve et le bonheur, mais en mieux. En attendant le bus qui n’arrive pas, on pourra regonfler sa batterie, grâce à « 130 abris voyageurs équipés de ports USB pour recharger son portable »  et en prime la free WiFi aussi ringarde que le « gaz à tous les étages ». On peut méditer sur l’improbable compatibilité de deux fonctions, attendre le moins possible son bus et recharger le plus longuement son téléphone. Deux attentes en pleine contradiction temporelle, à moins que la mesure ne cache des retards programmés entre objets connectés, le bus et le portable du gusse qui poireaute. Alerté, le chauffeur du  bus se chargera de ralentir pour offrir le bon temps de recharge. Le retard de bus vertueux est né.  

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