La lettre à Lulu
Lulu 54 novembre 2006

Traitement maison. Un nègre dans l'armoire



Il faut parfois dramatiser l'info pour la rendre un tant soit peu attractive. La dernière page d'Ouest-France s'y emploie avec «La maison qui cachait un terrible secret». Une baraque bourgeoise au sud est d'Angers, propriété du couple Clément. Elle, Catherine, écrit des romans. Le mari, Jérôme, dirige Arte. Mais la maison a un secret, récemment révélé. Terrible, en plus. Alors quoi ? Elle est hantée, a abrité un aïeul de Sarko, planque une ribambelle de suicidés dans le grenier, ou on l'a bâtie sur un cimetière vaudou? Que nenni. La bâtisse a - tenez-vous bien - été construite par des Hollandais vignerons, vendant leur pinard jusqu'aux Antilles. Et fatalité effroyable, le frangin de ses premiers proprios faisant commerce de pacotille, et se trouve donc lié au trafic négrier. Voilà pour l'inassumable. «On a beau ne pas être responsable des ancêtres, encore moins quand ce ne sont pas les siens, on n'aime pas voir ça», s'émeut la maîtresse de maison. Et dire que les centaines de milliers de personnes arrivent à dormir sereinement à Nantes sans se soucier des terribles secrets de la ville, la traite négrière, la terreur sous Carrier, le musée Jules Verne fermé l'année des commémos et l'argent jeté par les fenêtres pour le festival Juste pour rire.

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