La lettre à Lulu
Lulu 89 - juillet 2015

Trop coule ! Tire-au-cul, Princesse


Et un, et deux, et trois fois échoué. La croisière s'enlise.


Deux mois après le baptême du Loire Princesse, fringant «bateau-croisière» de 230 tonnes supposé relier l’embouchure de la Loire à Saumur mais finalement pas, Bouchemaine en aval d’Angers suffira, l’aimable plaisanterie tourne au fiasco.

Premier épisode : le 5 juin dernier, à hauteur de Saint-Florent-le-Vieil, en amont de Nantes, c’est déjà mal barré. Le Loire Princesse coince dans le virage du Buzet. D’accord, il y a du courant, mais sans comparaison aucune avec le Mississippi auquel l’armateur, la compagnie alsacienne CroisiEurope, aime faire référence : avec des roues à aubes pour système de propulsion et une carène extra-plate, le navire est censé se jouer des pièges de la Loire. Pas joueur, le bateau se transforme en galère, scotché sur-place durant plusieurs heures faute de puissance. Condamné à attendre des flots plus dociles pour reprendre sa marche en avant. Piteusement bloquée par quelques vaguelettes, tenue en respect par les petites humeurs du «dernier fleuve sauvage d’Europ », la compagnie pense alors avoir trouvé la parade : un pousseur d’appoint, genre barcasse avec un gros moteur.

Deuxième épisode : le 14 juin, ça coince à nouveau entre Ingrandes et Varades. Ledit pousseur vient donc à la rescousse et se place au cul du Loire Princesse. Patatras. Offrant une nouvelle perspective au théorème d’Archimède, l’embarcation, tout à son effort horizontal à la surface du fluide, reçoit une poussée verticale dirigée de haut en bas et coule à pic, sans réussir à noyer les deux membres d’équipage. De cocasse, la situation devient franchement hilarante, le bateau naufragé étant secouru par celui qu’il aurait dû sauver.

Troisième échouage le 9 juillet à Behuard en aval d'Angers. Sceptiques, quelques aimables riverains et habitués de la Loire avaient pourtant alerté les porteurs du projet sur la navigation impossible sur un tel machin à la belle saison, justement quand il y a des clients à trimbaler. Peine perdue : plus habituée au Rhin où elle opère, la compagnie s’est obstinée, s’en remettant à la science des ingénieurs et techniciens du groupement Neopolia qui concentre la crème régionale de la chose navale, et au savoir-faire de STX où a été assemblé le navire.

Déjà, par le passé, la Vendée sous l’ère du Vicomte avait inauguré un train unique au monde : le TGV tiré par des locomotives diesel entre Nantes et Les Sables d’Olonne, fameux concept du TGV lent et sans électricité. Avec le «tram-train» Nantes-Châteaubriant ni tout-à-fait l’un ni tout-à-fait l’autre, incapable à Châteaubriant de poursuivre son chemin jusqu’à Rennes, et l’aéroport en carton de Notre-Dame-des-Landes, on dispose là d’un beau début de collection dédiée aux transports du xxie siècle en Loire-Atlantique. Elle pourrait trouver sa place dans le musée Dobrée, si ce dernier, fermé depuis janvier 2011, rouvre un jour.

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