La lettre à Lulu
Lulu 49 été 2005

Une pointure fourmidable. Un patron pôle négatif


Annoncé comme éminent explorateur des pôles, Jean-Yves Delaune est surtout une pointure de la plongée d’entreprise.


Une pointure fourmidable. Un patron pôle négatif
Le nouveau ministre de l’économie a failli venir soutenir le pôle de compétitivité EMC2. Cette exploration des pôles est une idée lancée d’en haut de la France par Raffarin. Une centaine de candidats en France. Seront pas tous retenus. «Comment rattraper les perdants ?» se demande Ouest- France. Tout simple, il suffit d’écouter des gagnants comme Jean-Yves Delaune, «un consultant nantais spécialisé qui aura initié cinq de ses projets et en aura accompagné cinq autres»*. Un cador, donc. Enfin pour les amnésiques, parce que ce Jean-Yves à la tête de Caminno project, une «société d’ingénierie de projets innovants» créée en 1996, n’a pas laissé que de bons souvenirs là où il est passé. Notamment dans l’usine de godasses Gep-La Fourmi, dont l’ancien délégué général de la technopole nantaise Atlanpole, a été le patron. Un épisode soigneusement gommé de son CV officiel par cet énarque qui se présente comme un «militant patronal actif», dès le feu CNPF. Et qui, accessoirement, possède une conception de la liberté de la presse très restrictive : le scribouillard doit recevoir son sésame pour écrire sur sa personne ou ses entreprises, les informations données fussent-elles exactes.

Son sens de l’innovation, Delaune l’a donc bien caché en arrivant comme PDG de Gep–La Fourmi en 1998. Deux ans plus tard, il quitte le navire en pleine déroute. «Aux traditionnels problèmes de l’industrie, La Fourmi cumule des erreurs stratégiques, comme des erreurs de management inconcevables. Inacceptables, même, quand on sait que, au bout du compte, 550 salariés en auront fait les frais, en deux ans, au fil d’une série de plans sociaux. Et qu’une entreprise aura été rayée de la carte (…) Quand Jean-Yves Delaune arrive à la tête du groupe Gep-La Fourmi, en 1998, il prend donc les commandes d’un trop lourd paquebot, mal équipé pour faire face à la mondialisation. Là, commencent les erreurs internes qui vont conduire à la mort de La Fourmi. Le nouveau patron commence par nier la réalité. Le groupe va mal. Ce n’est un secret pour personne. Mais Jean-Yves Delaune joue sur les promesses inconsidérées et les déclarations à l’emporte-pièce pour retarder l’inéluctable : le dépôt de bilan»**, écrit le même Ouest-France, mais dans l’édition de Cholet.

En août 2001, Jean-Yves Delaune est bombardé à la tête de Tesson informatique (150 salariés) pour remettre l’entreprise sur les rails. En octobre 2002, la société dépose son bilan. Un chemin de croix identique caractérise l’engagement politique du «développeur-entrepreneur». Fidèle parmi les fidèles de Charles Pasqua en Loire-Inférieure et membre du bureau départemental de l’ex-RPF, l’homme rallie Christian Blanc lors de ses velléités politiques en 2003. Un échec au carré. Il faut se méfier des militants patronaux trop actifs.

* Ouest-France, le 30 juin 2005
** Ouest-France, le 11 février 2002

Lu 3764 fois













La Lettre à Lulu : @Legolasf44 @sobczak_andre Réponse dans le journal.
Mercredi 13 Décembre - 15:53
La Lettre à Lulu : Pour rendre hommage à François-Régis qu'on regrette déjà, replongeons dans un de ses grands reportages. https://t.co/jiuJKtjKza
Mercredi 13 Décembre - 12:58
La Lettre à Lulu : La Lettre à Lulu 98-99 en kiosques demain. Voilà déjà la une... https://t.co/DWLuTQoQQA
Mercredi 13 Décembre - 12:56
La Lettre à Lulu : RT @LeRavijournal: Sauvons le Ravi ! C'est le message que relaye aujourd'hui l'hebdo @Politis_fr Merci confrère ! Participez au #CouscousBa…
Lundi 11 Décembre - 11:09
La Lettre à Lulu : RT @rayclid: Being Donald Trump #Trumpjerusalem #cartoon https://t.co/ulEZNyKqBn
Lundi 11 Décembre - 11:08