La lettre à Lulu
n°37 - été

Ventratchoutchou. Le train souffrira trois fois



Ventratchoutchou. Le train souffrira trois fois
Les cheminots n’ont jamais cru à l’idée lumineuse de prolonger le TGV en Vendée, où il devient TPV, le Train à petite vitesse, alias le Tchoutchou à Phiphi de Villiers*. Un truc tiré entre Nantes et les Sables d’Olonne par une loco diesel parce que le secteur n’est pas ravitaillé à l’électricité. Il est fort, ce Vicomte. L’idée est si magistrale que la technique du XXIe siècle peine à donner à cette merveille du génie humain son plein essor. Le dernier week-end de Pentecôte, par exemple, ce «TGV tracté» a subi «plusieurs pannes d’origine mécaniques et électromécaniques qui ont affecté les locos diesel et leurs organes de liaison», relate un discret articulet d’Ouest-France*. 1 200 voyageurs partis vainqueurs de Montparnasse pour rallier Les Sables d’Olonne non stop ont été contraints à une escale forcée à Nantes, pour y réembarquer dans un minable autorail de rechange. Ces désagréments fort fâcheux «se sont produits une dizaine de fois depuis la mise en service en mai 2000». Bref, ça marche pas vite et souvent pas du tout. Au point que les têtes pensantes et tractantes de la SNCF remettent illico sur rails une nouvelle formule à l’essai de locomotive à gazole tirant la rame du TGV. En priant les dieux ferroviaires que les démons de la panne épargnassent les bonnes œuvres vendéennes. Ah, ce Villiers, sait y faire, en développement duraille.

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