La lettre à Lulu
Lulu 94-95 - décembre 2016

Vinci vincible

​Couac 40



La prestigieuse agence de presse Bloomberg est tombée dans le panneau, tout comme sa rivale Dow Jones. Le 22 novembre à 16 h 05, un – faux – communiqué signé Vinci, avec une adresse e-mail fausse mais plausible, annonce 3,5 milliards d’euros de malversations financières découvertes par un audit interne du groupe ainsi que les sanctions, le dirlo financier viré illico. Le texte est téléchargeable sur un faux site web monté de toutes pièces, qui a aspiré tous les vrais contenus du site authentique. Bloomberg relaie l’info world wide et même au-delà. Boum. L’action Vinci dégringole en bourse de 18 % en neuf minutes. Responsables : les algorithmes de trading à haute fréquence qui déclenchent automatiquement des ordres de vente en cascade surmultipliant la dégringolade des cours. À 16 h 44, un démenti tombe, signé Vinci. Mais c’est encore un faux. Il faut plus d’une heure pour qu’un vrai de vrai démenti sorte de chez Vinci officiel-patenté-garanti. Apparemment, cette attaque d’usurpateurs est une première dans le club du CAC 40. L’enquête soupçonne des boursicoteurs futés. Aucun triton zadiste n’est mis en cause à ce stade, les connaissances fines des mécanismes boursiers ne semblant pas faire partie du kit de survie en zone humide.

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