La lettre à Lulu
Lulu à chaud !

Working class hero



Un patron frappé par la foudre de la révélation. Les trimards ? Ces salopiauds qui représentent un poids, des "coûts sociaux" pénibles, il les découvre subitement utiles. Dingue !

Dans un communiqué, Yann Trichard, président de la CCI et administrateur du Medef 44 rend hommage à « ces héros du quotidien que sont les techniciens de maintenance, les livreurs, les fournisseurs de pièces détachées, les caissières, les approvisionneurs, les informaticiens, les facteurs et toutes les personnes qui contribuent à cette grande chaîne de notre vie ». Ciel, le prolétariat sert à quelque chose ! Les soutiers exemptés de confinement, avec des mesures de protection très souvent insuffisantes, supervisés par des cadres et big boss bien à l'abri derrière l'écran de leur télétravail. Trichard a copié sur la formule de la vice-présidente du Medef Dominique Carlac’h qui dit la veille : « Sans nos héros quotidiens qui produisent à manger, on va être très embêtés pour nourrir les soignants » (France info, 18/03) et qui a piqué ça dans l'arrière boutique d'un magasin de médailles en chocolat.

Les métallos forcés de bosser aux Chantiers de l'Atlantique n'auront pas droit à leur part d'héroïsme. Le même jour, le président délégué du Medef, Patrick Martin, panique devant les droits de retrait que font jouer ces héros du quotidien de la croissance :  « Il y a eu dans tous les secteurs d’activité, y compris dans ceux très nombreux dont l’exploitation n’est pas interdite par les mesures sanitaires, un changement d’attitude extrêmement brutal des salariés » (AFP, 18/03), ajoutant que « les entreprises ne sont plus en mesure de poursuivre leurs activités sous la pression des salariés ». C'est ça, la brutalité des héros saisis d'une sale envie de pas crever pour les actionnaires confinés.

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