La lettre à Lulu
N°1 - décembre 1995

1La secte ignore le centenaire du cinéma


Installée dans l’ancien cinéma Le Paris, la très discrète Soka Gakkaï pratique la prière-ritournelle pour mobiliser ses ouailles contre les méchants, ennemis et vicissitudes de la vie.


<font color=FFFFFF>1</font>La secte ignore le centenaire du cinéma
Secte japonaise ultra nationaliste et très marquée à l’extrême droite dans l’Empire du Soleil Levant, la Soka Gakkaï* ne fait pas beaucoup de bruit à Nantes, l’un des principaux bastions, où elle a ouvert il y a deux ans dans l’ancien cinéma Le Paris, route de Paris, l’un de ses deux centres en province (un centre en région parisienne à Sceaux, l’autre à Trets, Bouches du Rhône).Tous les jours, les adeptes ânonnent pendant deux heures la ritournelle «Nam myô hô renge kyô». Ça sert à tout, même à trouver une place de stationnement quand on tourne depuis un quart d’heure autour d’un paté de maison. Ils seraient un peu moins d’un millier à Nantes, selon l’ADFI, l’Association de Défense des Familles et de l’Individu qui dénonce partout l’emprise des sectes. Lancée au Japon en 1937, la Soka Gakkaï a créé son propre parti politique, le Komeïto. Son grand manitou mondial, Daïsaku Ikeda est un drôle de coco, quoique foncièrement anti-coco. Il a apporté son soutien au narco-trafiquant Noriéga, et a été impliqué via son parti dans la plus balèze affaire d’évasion fiscale de l’histoire nippone. Plus étrange, il a été reçu par Mitterrand en 1989 et participa officiellement au cérémonies du bicentenaire.

Il y a quelques mois, les adeptes nantais redoublaient de prières pour qu’Ikeda obtienne un visa d’entrée en France, et que la Soka Gakkaï gagne ses procès contre l’Evénement du Jeudi. Renseignement pris, aucun procès n’est en cours, l’Edj ayant déjà gagné tous les procès contre la secte. Enfin, pendant ce temps-là, les prieurs ne sont pas avachis devant leur télé.

* Littéralement : «Société pour la création des valeurs».

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