Nunuchipales

Le coin des renégats


C'est le printemps, le temps des infidélités. C'est bien beau de divorcer avant les élections, mais qui va garder les enfants ? Au-delà des simples transferts, les listes dissidentes montées par d'anciens élus des majorités sortantes, c'est top tendance en cette saison.
 


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Pour le personnel, merci !

Vert-Rose; un retournement de veste politicostratégique.

 

En novembre dernier, Aïcha Bassal à annoncé la couleur : son revirement du vert au rose anticipait le printemps. L'ancienne adjointe municipale verte à la santé scolaire, puis à la santé tout court, passe au PS direct en fin de mandat. Amère désillusion personnelle pour Pascale Chiron qui perd du coup celle qu'elle croyait être une amie. L'amitié, c'est pas la politique à moitié. 

 

La démission d'Aïcha Bassal peut être liée au désaccord stratégique avec l'état major Vert : se rallier bien avant le premier tour lui assure une place au chaud. Plus sûr que d'attendre le score du premier rendez-vous du scrutin pour négocier ferme après. Du côté de l'équipe à Jojo Rolland, on n'était pas peu fier d'afficher ce retournement de veste. Ce qui permet à la transfuge, tout se monnaye, de négocier serré une bonne place, éligible à coup sûr, sur la liste PS. Chez les Verts, c'était plus aléatoire.

 

Et si Aïcha Bassal a quitté l'état major local un peu hégémonique d'Europe Écologie les Verts (François de Rugy, Pascale Chiron, Jean-Philippe Magnen, Jean-François Tallio), par rejet du mode de gouvernance, comme on dit à Sciences Po, on lui souhaite bon courage au PS. Et si tout cela n'était qu'une sombre histoire de grenouille et de bœuf, rappelons à Aïcha que chez les socialos, en ce moment, le triton géant n'a pas vraiment la côte. 

 

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Le tour de l'agglo en 80 secondes

Carquefou décroche la palme du divorce consommé. Le maire Claude Guillet a face à lui rien de moins que son ancienne première adjointe, Véronique Dubettier-Grenier qui ne part pas qu'avec ses valises : treize anciens adjoints et conseillers municipaux la suivent, neuf restent fidèles au maire sortant. Pour simplifier un peu la tâche des électeurs, les deux listes s'affichent de « centre droit ».

À La Chapelle-sur-Erdre, la séparation entre écolos et socialos est actée, NDL est passé par là. L'ex-EELV Isabelle Verdon, élue depuis 2001, a démissionné du conseil municipal au printemps dernier et monte une liste indépendante, pleine de la biodiversité de gauche, dite divers gauche, en annonçant déjà qu'il n'y aura pas d'union au second tour. Le maire sortant socialo Fabrice Roussel, par ailleurs responsable du PS sur le département, encaisse un camouflet d'autant plus rude qu'il ne parvient pas dans sa commune à tenir une union rose verte.

À Sainte-Luce-sur-Loire, le mercato a fait fort. Le maire sortant Bernard Aunette a changé de maillot. Démissionnaire du PS, il monte une équipe avec une partie de ses adjoints, dont quatre PS qui se présentent à titre perso... En face, il retrouve le candidat du PS officiel, Anthony Descloziers, lui aussi ancien de l'équipe municipale sortante. Je t'aime moi non plus.

À Thouaré-sur-Loire, l'ancien adjoint aux sports Patrice Gallard (DVG) a été dégradé, passé d'adjoint aux sports à « simple » conseiller municipal. Bernard Chesneau, le maire sortant et candidat rebelote sous maillot rose du PS n'est pas très sport : il a sanctionné Gallard pour s'être opposé à la construction de la nouvelle mairie décidée par le maire. Taquin, Gallard a baptisé sa liste « Thouaré Unie ». Thouaré aussi, mon fils.

À Basse-Indre, être de droite ça ne se fait pas, on s'oppose au PS par sa gauche : l'ancien adjoint Serge David monte une nouvelle liste dissidente face au maire sortant Jean-Luc Le Drenn. En fait, c'est la même idée qu'en 2008 mais pas tout à fait, ou presque, quoique... En tous cas, c'est à gauche toutes.

À Bouguenais, on aime dissidenter, il y a donc deux listes menées par d'anciens élus. L'une se présente comme « Alternative de gauche », menée par Vincent Egron, actuel conseiller municipal de la majorité PS, et soutenue par Alain Forest qui, en pétard contre la sortante Michelle Gressus, a laissé non sans vacarme son poste d'adjoint au développement durable et à la citoyenneté. L'ancien sénateur François Autain et l'ancien maire Françoise Verchère soutiennent aussi Egron et de fait achèvent de tourner le dos à Michelle Gressus qu'ils avaient pourtant soutenue lors du dernier scrutin municipal. Autre renégatitude pour un ancien de la majorité, Joël Castex, actuel adjoint aux ressources humaines qui, après deux mandats au sein de l'union de la gauche, monte une liste écolo-autonome (il aurait pu se fendre d'un positionnement écolo-vélonome, mais non). En novembre dernier, il a la fantaisie de présenter son équipe à l'aéroport de Nantes-Atlantique, situé sur la commune.

À Vertou, les MoDem élus en 2008 changent de cheval en quittant la majorité de droite et font alliance avec les Verts, qui eux coupent les ponts avec l'opposition PS. Un accord MoDem/Verts qui fait causer dans les chaumières : à par eux, personne ne saute de joie.

À La Montagne, le premier adjoint de l'actuel maire Pierre Hay voit débouler une alternative à gauche et écologiste soutenue par Alain Moinard, en charge du développement durable et du cadre de vie jusqu'à sa démission fin 2013 pour marquer son désaccord sur la question de la protection des zones humides. Faut bien se mouiller.

À Nantes enfin, après une vingtaine d'années de vie de couple, EELV et la majorité PS se séparent, les écolos reprenant leur liberté. Volages mais pas longtemps. Les tractations reprennent le soir même des résultats du premier tour.

 



Rédigé le Vendredi 21 Mars 2014 à 09:00 | Lu 2134 fois | 0 commentaire(s)






LATUéLULULU ?


> Vert et noir

L'Écho de la presqu'île, le 18 février 2014

«  Nous n’avons pas de sous, pas de localNotre carburant, c'est l’économie verte », annonce le Nazairien Gilles Denigot avec sa liste « Changeons la ville ». Et le journal commente : « L’ex docker repart au charbon ». Au charbon? Pour le tonnage du port, quand Denigot était syndicaliste dissident, c'était tout bon. Mais pour la verte attitude, on repassera. Houille houille houille... Pourvu que Denigot finisse pas en énergie fossile. 


> Na ! Na ! Na !

Ouest-France, le 7 mars 2014

Faut tout lire, dans le journal. Même les listes électorales. A l'avant dernière ligne des trois colonnes détaillant les noms de la liste droito-centriste Bouguenais pour tous. Jeannine Levêque, 56 printemps, 32ème sur 33 colistiers, est créditée de la profession d'« aide-mégère ». Paraît que ça gagne mieux que vieille chouette stagiaire.


> Épreuve reine

Presse-Océan, le 16 décembre 2013

Les élections, ça vous fiche sous pression. Reine de Nantes, c'est un truc de ouf. D'abord, le stress avant le discours de présentation. Témoignage à l'appui de la lauréate de l'année, Maryne Bibard. Et puis avant de monter sur le char de la Mi Carême en coinçant le sourire réglementaire tout le long du défilé, elle a été « choyée de cadeaux (bouquet, écharpe, parapluie, foulard, bon d'achat, affiche du carnaval) ». Une telle pluie de cadeaux, c'est incroyable. Heureusement qu'on lui a refilé un parapluie.


> Machin machine

Le Monde, le 13 février 2014

François Delarozière, concepteur des machines, venu de Toulouse à Nantes avec Royal de Luxe en 1989, vit désormais à Toulouse. Où ses projets largement subventionnés rencontrent les mêmes critiques qu'à Nantes. Là-bas aussi, c'est les élections. Un entrepôt toulousain en construction pour rapatrier ses 200 machines est l'objet de polémique électorale. Copinage avec le maire pour l'opposition. Son Minotaure prévu pour octobre 2013 est resté dans les cartons. 2,5 millions d'euros de commande publique, ça fait tousser. Le maire craignait que le coût du machin soit porté à ses comptes de campagne. Les écolos ont gueulé contre la construction de cette énième machine par les ateliers nantais de la compagnie La Machine que dirige justement Delarozière. À quand La Machine en Chine ? Ça rime, on peut avoir une subvention ?


> S'en foutent

Ouest-France, le 3 février 2014

L'hiver 54, il faisait frisquette. 60 ans après l'appel de l'abbé Pierre et des communautés d'Emmaüs, cérémonie en petit comité, dans la rue comme il se doit, place du Commerce, ce 1er février. Les élus ont brillé par leur absence. « Ce matin-là, les personnalités étaient ailleurs : aux Folles journées ou en mairie et préfecture où Jean-Marc Ayrault remettait des légions d'honneur. » Entre soixantenaire, légionnaires et pauvres hères, Ayrault a choisi, de rester au chaud. Nananère.








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