La lettre à Lulu
Lulu 92 - mai 2016

tagadac tagadac




Alice au pays des étrons. L'avenir est dans le caca. C'est ce qu'étale un article d'un tiers de page (Ouest-France, 15/02/2016) sur un binoclard nantais, Renaud Chambre, qui trimballe des goguenots dans un semi-remorque pour produire du méthane avec ce que chieront les festivaliers. Place au « ca-carburant » : c'est dans le titre, bien torché. Son projet s'appelle Wonder Cake, initiales WC, que Ouest-France traduit par « caca merveilleux », pour les obtus étanches à l'angliche. Au pays de Cambronne, si c'est pas marvellousse.

Mauvaise passe. Le commerce de drogue aux arrêts de tram inquiète un syndicat de traminots. « Depuis quelques mois, le vivre ensemble ne se passe pas bien... », remarque Chantal Roullaud, déléguée CFDT (Presse-Océan, 06/03). D'autant que le vivre bien ne se passe pas ensemble, et le bien vivre l'ensemble se perd dans les détails. Espérons que le mourir ensemble se passe mieux.

Classe. Le département ouvrira en septembre un collège à Pontchâteau. Officiellement, « il offrira un cadre d'études adapté aux besoins des élèves ». Une parfaite adéquation entre l'offre et la com'. L'établissement n'ira donc pas contre les intérêts des collégiens. Il accueillera 24 « divisions » . C’est nouveau, on ne dit plus classe. Trop de risque de lutte de classes, sans doute.

Une affaire qui roule plus. Des camions d'Eurovia, filiale bitumes et routes de Vinci, ont malencontreusement brûlé dans leur dépôt à Limoges. Sept d'un coup. « Un tag ZAD partout, pas de revendication outre ce tag », dit le représentant du parquet de Limoges*, Xavier Pasturel, qui tient le mobile présumé : futé, il fait le lien avec les chantiers potentiels de ND-des-Landes. Ce fin analyste livre une info jusqu'ici « confidentiel Défense » : « Ce sont des camions qui sont fait pour se déplacer, qui ont une mobilité. »* Le mobile c'est donc la mobilité. Pour éviter ces aléas incendiaires et les tracasseries d'assurance, Vinci n'a plus qu'à acheter des camions fixes, sans roues. Ou ne rien acheter, disposant désormais de magnifiques carcasses qui ont toutes ces qualités.
Le Populaire du Centre, 27 janvier 2016.

Ras-le-Bôle. Avec en annonce « Les bonnes adresses pour une excursion de charme à La Baule », station d'exception qui « cultive une certaine idée de l'élégance », on s'attend à moult platitudes flagorneuses. Surtout venant du Figaro (01/09/2015) qui a dû pourtant faire écrire un stagiaire taquin : il glisse que, si le premier nom de la station a été La Bôle, c'est que « dans le patois local, "La Bôle" signifie "le merdier" » (délaissant la traduction usuelle : bôle, terrain vague recouvert à marée haute ou terres gagnées aux marais par les paludiers). Scoop : La Baule édifiée sur un tapis d'étrons. À moins que « merdier » en patois local ne signifie ravissant lieu d'aisance.

Lu 32 fois